Un projet de complexe touristique d'un montant de 4 milliards d'euros (4,6 milliards de dollars), associé à Jared Kushner, suscite une vive controverse en Albanie. Des milliers de citoyens sont descendus dans les rues pour protester contre ce développement, qui cristallise un mécontentement croissant à l'égard du Premier ministre Edi Rama et de sa politique de développement touristique.

Un projet contesté

Le complexe, envisagé sur la côte albanaise, est présenté comme un vecteur de croissance économique et de création d'emplois par le gouvernement. Cependant, les opposants dénoncent un manque de transparence dans l'attribution des permis et des concessions foncières, ainsi que des risques de corruption. Les manifestants, issus de divers horizons politiques et associatifs, estiment que ce projet menace l'environnement côtier et privatise des espaces publics sans bénéfices réels pour la population locale.

La réponse du Premier ministre

Face à ces critiques, Edi Rama a réaffirmé son soutien au projet. Il a défendu sa vision d'un développement touristique accéléré, qu'il considère comme essentiel pour générer des revenus et sortir le pays de la pauvreté. Le chef du gouvernement albanais a minimisé l'ampleur des manifestations, les attribuant à une minorité politique et à des intérêts particuliers qui s'opposeraient au progrès. Il a également souligné que le projet de Kushner, comme d'autres investissements étrangers, serait soumis aux lois et aux normes environnementales albanaises, sans fournir de détails précis sur les garanties mises en place.

Un test pour la gouvernance

Cette controverse met à l'épreuve la capacité d'Edi Rama à concilier sa stratégie de développement économique avec les demandes de transparence et de justice sociale. Le projet de complexe de Kushner devient un symbole des dilemmes auxquels est confronté le gouvernement albanais, entre la nécessité d'attirer des investissements et le besoin de répondre aux préoccupations citoyennes. Les critiques, y compris des organisations de la société civile, appellent à une révision du projet et à une enquête indépendante sur les conditions de son attribution. Le débat se poursuit, tandis que le gouvernement semble déterminé à aller de l'avant, quitte à braver l'opinion publique.