John Healey nommé chancelier de l'Échiquier

Andy Burnham, tout juste investi Premier ministre, a rendu publique la liste des membres de son premier cabinet. Conformément aux anticipations des milieux politiques, John Healey, député expérimenté et proche du nouveau locataire du 10 Downing Street, hérite du poste de chancelier de l'Échiquier. Cette nomination intervient dans un contexte économique tendu, marqué par une inflation persistante et des pressions sur le pouvoir d’achat des ménages. Le choix de Healey est interprété comme un signal de continuité budgétaire et de rigueur, même si son prédécesseur, Rachel Reeves, avait publiquement mis en garde Burnham contre des promesses non financées.

Un remaniement aux allures de purge

Au-delà de cette nomination clé, la composition du nouveau gouvernement se distingue par l’absence de plusieurs personnalités associées à l’ancien chef du parti Keir Starmer. Selon des sources proches des tractations internes, au moins quatre ministres réputés proches de Starmer ont été écartés du cabinet, notamment les titulaires des portefeuilles de la Justice et de l’Intérieur. Des responsables travaillistes, sous couvert d’anonymat, évoquent une véritable « purge » destinée à installer une équipe entièrement loyale à Burnham. Ces décisions suscitent des remous au sein du parti, certains élus dénonçant un manque de collégialité.

Un virage économique amorcé

L’équipe resserrée autour de Burnham entend rompre avec plusieurs orientations de l’ère Starmer. Le nouveau Premier ministre a déjà fait part de son intention de flexibiliser les règles budgétaires afin de financer des investissements massifs dans les transports et l’énergie. Il a également promis une « dévolution massive » des pouvoirs de Londres vers les régions, avec la création d’un « No 10 North » basé dans le Grand Manchester. Ces annonces avaient été accueillies avec scepticisme par les dirigeants écossais, gallois et nord-irlandais, qui jugent les promesses insuffisantes.

Les priorités affichées

Lors de sa première allocution en tant que chef du gouvernement, Andy Burnham a martelé que la lutte contre la crise du coût de la vie serait sa priorité absolue. Il a notamment promis des mesures immédiates pour alléger les factures énergétiques et plafonner les loyers. Il a également annoncé l’abandon du projet d’identité numérique porté par l’administration précédente, considéré comme trop coûteux et liberticide. À la place, il souhaite concentrer les ressources sur un plan de nationalisation des bus et la mise en place d’un réseau intégré baptisé « Bee Network », censé révolutionner les transports publics en dehors de Londres.

Un cabinet sous haute surveillance

La nomination de John Healey au Trésor ne fait pas l’unanimité : certains économistes redoutent que le nouveau chancelier, réputé keynésien, n’hésite pas à creuser les déficits pour financer les ambitieux projets de Burnham. En parallèle, la purge des starmeristes fragilise l’unité du Labour, alors que les prochaines élections locales se profilent. Reste à savoir si cette équipe resserrée parviendra à imposer le cap économique et social promis sans provoquer de nouvelles fractures internes.