L'accord-cadre signé fin juin entre Israël, le Liban et les États-Unis, qui devait sceller un retrait israélien du Sud-Liban, est désormais menacé par une escalade de la violence et un refus politique catégorique. Quelques jours après la signature de ce texte, des frappes israéliennes ont visé plusieurs localités du Sud, tandis que le président du Parlement libanais, Nabih Berri, chef du mouvement Amal et allié du Hezbollah, a publiquement rejeté l'accord, le qualifiant de « reddition ». Ces critiques attisent les tensions intercommunautaires et font craindre un embrasement généralisé.
Les frappes israéliennes : un coup dur pour la trêve
Les bombardements israéliens, qui se sont intensifiés ces derniers jours, ont touché des zones que l'accord-cadre devait justement placer sous le contrôle exclusif de l'armée libanaise. Selon les autorités locales, plusieurs personnes ont été tuées et des infrastructures détruites. Ces frappes, présentées par Israël comme une réponse à des tirs de roquettes attribués au Hezbollah, violent de fait l'esprit de l'accord. Le texte, parrainé par Washington, prévoyait une démilitarisation progressive de la région frontalière et le retrait des forces israéliennes, mais les hostilités n'ont jamais complètement cessé.
Le rejet politique : un blocage institutionnel
Le refus de Nabih Berri d'entériner l'accord constitue un obstacle majeur. En tant que président du Parlement, Berri dispose d'une influence cruciale sur le processus législatif nécessaire à la ratification. Il a déclaré que l'accord « piétine la souveraineté libanaise et acte l'occupation israélienne sans garanties réelles ». Des manifestations ont éclaté à Beyrouth et dans plusieurs villes du Sud pour soutenir ou contester cette position. Dans ce climat de tensions extrêmes, des factions politiques accusent leurs rivaux de « haute trahison », alimentant des discours bellicistes qui évoquent le spectre de la guerre civile.
Craintes de guerre civile : un pays fracturé
Avec un gouvernement affaibli, une armée nationale divisée et un Hezbollah aux capacités militaires intactes, le Liban semble plus que jamais au bord de la rupture. Des analystes locaux observent que les affrontements ne se limitent plus au conflit israélo-libanais : ils se doublent désormais d'une lutte de pouvoir interne, chaque camp tentant de capitaliser sur la crise. Le dispositif de l'accord-cadre, qui devait amorcer la reconstruction et le retour des déplacés, reste lettre morte tant que les conditions politiques ne sont pas réunies. Pour l'instant, l'ombre d'une guerre civile, qui avait déjà déchiré le pays entre 1975 et 1990, plane à nouveau sur le Liban.