Bernadette Chirac, épouse de l'ancien président de la République Jacques Chirac, est décédée dans la soirée du vendredi 5 juin 2026 à l'âge de 93 ans. Sa fille, Claude Chirac, a annoncé la nouvelle samedi 6 juin, précisant que sa mère « s'est éteinte dans la soirée, paisiblement, entourée des siens ». Née Bernadette Chodron de Courcel le 18 mai 1933, elle venait tout juste de fêter son 93e anniversaire.
Sa disparition suscite de nombreux hommages. Une source proche de l'ancien chef de l'État a salué en elle une personnalité « qui fait partie du patrimoine français », soulignant son parcours singulier au sein de la vie politique nationale.
Bernadette Chirac demeure la seule première dame française à avoir été élue pour son propre compte à un mandat politique. Elle a siégé sans interruption comme conseillère générale de la Corrèze de 1979 à 2015, un département auquel elle était profondément attachée et où elle a ancré son engagement local. Cette longévité électorale, rare pour une conjointe de chef d'État, témoigne d'une implication personnelle et d'une assise locale solide.
Un mariage d'ambition et de dévouement
Celle qui a partagé la vie de Jacques Chirac pendant plus de soixante-dix ans n'hésitait pas à décrire leur union avec une franchise déconcertante. « Ce n'était pas qu'un mariage d'amour, mais un mariage d'ambition », confiait-elle sans périphrase, résumant une relation faite d'admiration mutuelle et de tensions. Elle vouvoie son mari et se présente comme l'artisane discrète mais déterminée de sa carrière, selon le modèle le plus traditionnel de la compagne de grand homme, tout en s'en plaignant parfois.
Les célèbres marionnettes des « Guignols » l'avaient caricaturée en épouse effacée, agrippée à son sac à main, semblant porter l'humiliation d'une bourgeoise écrasée par un mari impérieux. Pourtant, ceux qui l'ont côtoyée décrivent une femme au caractère bien trempé, dotée d'un sens politique aiguisé et d'une liberté de ton qui tranchait avec son apparente réserve.
L'engagement pour les autres
Au-delà de la scène politique nationale, Bernadette Chirac s'est illustrée par son action philanthropique. Elle a notamment porté de longue date l'opération « Pièces jaunes », vaste collecte de dons en faveur des enfants hospitalisés, qui est devenue l'un des symboles de son engagement citoyen. Cette initiative lui a valu une popularité durable et une reconnaissance au-delà des clivages partisans.
Son ancrage en Corrèze, terre d'élection de la famille Chirac, restera également l'un des marqueurs forts de sa vie publique. Elle y a cultivé un réseau d'élus locaux et d'habitants, faisant preuve d'une présence régulière et d'une écoute attentive.
Une vie au cœur du pouvoir
Née dans une famille de la bourgeoisie catholique, Bernadette Chodron de Courcel a épousé Jacques Chirac en 1956. Elle a traversé avec lui toutes les étapes de son ascension : ministères, mairie de Paris, et enfin l'Élysée de 1995 à 2007. Durant ces douze années à la tête de l'État, elle a occupé le rôle de première dame avec une dignité qui masquait mal une personnalité plus complexe et plus affirmée que ne le laissait supposer son image publique.
Après le décès de Jacques Chirac en 2019, elle s'était faite plus discrète, tout en continuant à veiller sur la mémoire de son mari et à participer à quelques cérémonies officielles. Sa disparition marque la fin d'une époque et le départ d'une figure qui, des pièces jaunes aux travées du conseil général de Corrèze, aura incarné une certaine idée de l'engagement au service des autres.
Les réactions politiques devraient se multiplier dans les prochaines heures, tandis que les détails des obsèques n'ont pas encore été communiqués par la famille.