La disparition de Bernadette Chirac, survenue le vendredi 5 juin, a provoqué une pluie d'hommages émanant de toutes les sensibilités politiques. De l'Élysée aux oppositions, les personnalités ont tenu à souligner le rôle singulier de celle qui fut l'épouse et la conseillère de l'ancien président Jacques Chirac, tout en menant sa propre carrière d'élue et d'activiste.

Macron salue « une grande dame de cœur »

Le chef de l'État, Emmanuel Macron, a rendu hommage à celle qui « a changé tant de vies », la qualifiant de « grande dame de cœur ». Une expression qui fait écho à son engagement de longue date auprès des enfants malades, notamment via la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France et l'opération Pièces jaunes, dont elle fut la figure emblématique pendant 25 ans avant de passer la main à Brigitte Macron en 2019. Le président a également souligné son ancrage local, elle qui fut conseillère municipale et générale de Corrèze pendant des décennies.

Bruno Retailleau salue « une femme d'exception »

Le patron des Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, a exprimé ses regrets, estimant que « la France perd une femme d'exception ». Il a mis en avant son rôle de « soutien et un appui sans faille pour Jacques Chirac », rappelant combien elle avait contribué à sa carrière politique. De nombreux autres élus de droite ont repris cette idée d'une femme de devoir, à la fois discrète et déterminée, ayant œuvré dans l'ombre de son mari tout en traçant son propre sillon électoral.

Alain Duhamel : « la première dame qui a eu le plus de personnalité et d'influence politique »

L'essayiste et commentateur politique Alain Duhamel a livré une analyse sans détour, jugeant que Bernadette Chirac était « la première dame qui a eu le plus de personnalité et d'influence politique ». Il a rappelé qu'elle avait notamment anticipé, seule dans l'entourage présidentiel, la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002. Une lucidité politique qui lui a valu, au fil des années, une réputation de stratège avisée.

Une carrière politique personnelle

Au-delà de son rôle de première dame, Bernadette Chirac avait conquis ses propres mandats. Élue conseillère municipale de Sarran en 1971, elle est devenue conseillère générale de la Corrèze de 1979 à 2015. Cette longévité politique lui a permis de tisser un réseau local solide, utile à la carrière de son mari mais aussi à ses propres engagements caritatifs. Son nom restera attaché aux tirelires jaunes, dont la collecte a permis depuis 1989 de financer plus de 9 800 projets et de récolter plus de 116 millions d'euros.

Un retrait progressif de la vie publique

Dès 2015, Bernadette Chirac s'était retirée de la plupart de ses activités, en raison de l'âge et de la maladie. Elle n'était quasiment plus apparue en public après 2017. Sa dernière apparition notable remonte au 28 janvier dernier, lorsqu'elle avait été décorée officier de la Légion d'honneur par Emmanuel Macron, une consécration discrète pour une femme qui avait su passer de l'ombre à la lumière, sans jamais perdre son sens du devoir.