Au lendemain de l'annonce du décès de Bernadette Chirac, survenu le vendredi 5 juin 2026 à l'âge de 93 ans, les hommages se multiplient. Le président de la République, Emmanuel Macron, a salué samedi la mémoire de l'ancienne première dame, qu'il a qualifiée de « grande dame de cœur », dans une déclaration rapportée par son entourage. « Bernadette Chirac a changé tant de vies », a-t-il souligné, évoquant le rôle majeur qu'elle a joué dans le domaine caritatif, et en particulier à la tête de l'opération Pièces jaunes.

Cette opération, lancée en 1989, a connu un essor considérable sous sa présidence de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, qu'elle avait prise en main dès 1994. Grâce à une médiatisation soignée et à la participation de personnalités célèbres comme le judoka David Douillet, la chanteuse Lorie ou le footballeur Christian Karembeu, l'initiative est devenue un rendez-vous populaire et a permis de financer des aménagements hospitaliers pour les enfants malades. Bernadette Chirac a également fondé en 1990 l'association Le Pont Neuf, destinée à favoriser les échanges entre la jeunesse française et celle des pays de l'Est après la chute du rideau de fer.

Née Chodron de Courcel le 18 mai 1933 à Paris, Bernadette Chirac a fait la connaissance de son futur époux sur les bancs de Sciences Po en 1951. Leur mariage, célébré le 16 mars 1956, a donné naissance à deux filles, Laurence en 1958 et Claude en 1962. Le couple a également recueilli en 1979 une jeune Vietnamienne de 21 ans, Anh Dāo Traxel, rencontrée à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.

Tout au long de la carrière politique de Jacques Chirac, Bernadette Chirac s'est imposée comme une alliée fidèle et influente. Élue conseillère municipale de Sarran (Corrèze) dès 1971, elle est devenue adjointe au maire et a conservé ces fonctions jusqu'en 2020. Elle a également siégé comme conseillère générale de Corrèze sans discontinuer de 1979 à 2015. Ce double ancrage local a consolidé la base électorale de son mari. Son rôle politique ne s'est pas limité à l'accompagnement : elle a su peser dans les décisions, mettant en garde Jacques Chirac contre la dissolution de 1997 ou anticipant la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002.

L'hommage d'Emmanuel Macron, qualifiant Bernadette Chirac de « grande dame de cœur », vient s'ajouter à la vague d'émotion qui traverse la classe politique. L'ancienne première dame, qui avait été décorée officier de la Légion d'honneur par le même Emmanuel Macron le 28 janvier dernier, s'est éteinte paisiblement, entourée des siens, selon les mots de sa fille Claude.