Au lendemain de l'annonce de la mort de Bernadette Chirac, le 5 juin, par sa fille Claude Chirac, la classe politique a unanimement salué la mémoire de celle qui fut l'épouse de l'ancien président Jacques Chirac. Si les hommages ont mis en lumière son rôle politique et son engagement caritatif, notamment à travers l'opération Pièces jaunes, un drame familial a traversé sa vie : la maladie de sa fille aînée, Laurence Chirac, née en mars 1958.
La maladie de Laurence Chirac
À 15 ans, Laurence Chirac a contracté une méningite sévère ayant entraîné la destruction de son hypophyse. Dans les semaines qui ont suivi, elle a cessé de s'alimenter, développant une anorexie mentale. Selon des médecins, cette pathologie pourrait trouver son origine dans la vie complexe d'une enfant de figures politiques de premier plan. Une psychologue a souligné que l'anorexie mentale est souvent liée à une dysfonction du cercle familial, évoquant un probable sentiment d'abandon face à l'ambition politique du couple Chirac.
En 2007, Jacques Chirac confiait que ne pas parvenir à « sauver » sa fille de l'anorexie « a été le drame de ma vie ». Bernadette Chirac a elle-même raconté, en 2004, que Laurence ne pesait plus que 27 kilos lorsqu'elle avait interrompu ses études de médecine, sans parvenir à l'internat.
Une tentative de suicide et une vie en retrait
Le 13 avril 1990, âgée de 32 ans, Laurence Chirac a tenté de mettre fin à ses jours en se jetant du quatrième étage de son immeuble, rue du Père-Corentin dans le 14e arrondissement de Paris. Ses parents étaient alors en déplacement en Thaïlande. Bien que des rumeurs aient un temps annoncé son décès, elle a survécu, mais avec de graves séquelles : blessures au bassin, aux jambes et à la tête. Devenue incapable de travailler, elle a ensuite vécu retirée, assistée d'une infirmière. Selon les informations disponibles, Laurence Chirac aurait connu plusieurs tentatives de suicide par la suite, même si celles-ci ont été moins médiatisées que celle de 1990.
Une source d'inspiration pour l'engagement caritatif
Sa mort est survenue le 14 avril 2016, des suites d'un malaise cardiaque. La maladie de sa fille aînée a profondément marqué Bernadette Chirac et l'a inspirée dans son action. Lors de l'inauguration de « la Maison de Solenn », un établissement dédié à l'anorexie, elle a déclaré : « Il est certain que si ma fille aînée n'avait pas été frappée par cette terrible maladie, je ne me serais jamais aperçue des complications pour trouver ce genre d'établissement. »
Cet établissement porte le nom de la fille du journaliste Patrick Poivre d'Arvor, Solenn, qui s'est suicidée à l'âge de 19 ans après avoir souffert d'anorexie mentale. L'engagement de Bernadette Chirac au sein de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France et son travail pour l'opération Pièces jaunes, destinée à venir en aide aux enfants malades, ont également été nourris par cette épreuve personnelle.
Dernier adieu
La disparition de Bernadette Chirac, survenue paisiblement, entourée des siens, clôt une vie marquée par les réussites politiques et caritatives, mais aussi par la perte d'une fille aînée. Les hommages n'ont pas manqué de rappeler ce drame intime, qui a contribué à façonner la personnalité et l'action publique de l'ancienne première dame, surnommée « Bernie ».