Alors que le trafic dans le détroit d'Ormuz demeure gravement perturbé par des frappes répétées, les États-Unis ont fait savoir qu'ils s'attendaient à une déclaration imminente de l'Iran garantissant le libre passage pour tous les navires. Cette annonce, rapportée le 10 juillet par des responsables américains, intervient dans un contexte de tensions extrêmes après des semaines d'hostilités ayant mis à mal le cessez-le-feu conclu en juin.

Selon des sources officielles américaines, les négociateurs iraniens ont expliqué aux États-Unis que les attaques de drones contre des navires traversant le détroit étaient le fait d'unités « rebelles » des Gardiens de la révolution islamique, qui chercheraient à faire échouer l'accord nucléaire intérimaire signé le mois dernier. Ces unités n'auraient pas obéi aux ordres de Téhéran, selon les mêmes responsables. En échange de cette clarification, Washington exige que Téhéran publie dans les prochains jours une déclaration officielle affirmant que toutes les voies du détroit sont ouvertes à la navigation et que les forces iraniennes cesseront leurs tirs contre les navires.

Les responsables américains ont prévenu que si l'Iran ne respectait pas cet engagement, les conséquences seraient sévères. « Si l'Iran ne publie pas cette déclaration et ne s'y tient pas, cela n'augure rien de bon pour eux », a déclaré l'un d'eux, sous couvert d'anonymat. Ils ont également réaffirmé que l'administration Trump était prête à répondre militairement à toute nouvelle frappe contre des bâtiments dans le détroit, tout en poursuivant les négociations sur un accord plus vaste et permanent concernant l’avenir du programme nucléaire iranien.

Un cessez-le-feu rompu

Plus tôt dans la journée, le président Trump avait annoncé sur son réseau Truth Social que les pourparlers se poursuivaient, mais que le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis — élément clé de l'accord en quatorze points conclu en juin — était désormais caduc. Cette déclaration marque une escalade verbale, alors que des frappes américaines et iraniennes se sont succédé ces derniers jours, plongeant la région dans un nouveau chaos.

Une question centrale : le « noyau nucléaire »

Au-delà de la crise du détroit, un point d'achoppement majeur subsiste dans les négociations sur le nucléaire iranien. Les responsables américains ont indiqué qu'aucun accord définitif ne serait conclu tant que l'Iran n'aurait pas livré aux États-Unis ce qu'ils appellent le « noyau nucléaire » — l’uranium enrichi à un niveau proche de celui des armes, actuellement stocké dans le centre d'enrichissement et de conversion d'Ispahan. Ce combustible devrait ensuite être dilué pour qu'il ne puisse être utilisé dans une arme.

Cependant, l'accord de quatorze points, signé en juin, laisse dans le flou la question de la possession de ce combustible. Les responsables iraniens ont d'ores et déjà déclaré que ce matériau ne pourrait pas quitter leur territoire. Il n'est pas non plus précisé si la récupération et la dilution seraient effectuées par les Iraniens eux-mêmes, ou par les États-Unis en partenariat avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Aucune nouvelle date de négociation sur l'accord global n'a été annoncée, mais l'échéance des soixante jours mentionnée dans l'accord de juin approche : un accord final devrait être conclu d'ici la mi-août.

Des conséquences économiques immédiates

Cette nouvelle escalade intervient alors que le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est déjà largement paralysé. Les compagnies maritimes, qui avaient accueilli avec une grande prudence l'accord de cessez-le-feu de juin, restent extrêmement circonspectes. Plusieurs dizaines de navires sont bloqués en mer ou ont été déroutés, et des mines marines rendent le déminage laborieux. Les primes d'assurance pour les navires transitant par cette zone ont explosé, tandis que les cours du pétrole ont bondi, reflétant l'incertitude sur la sécurité des approvisionnements.

L'Inde, pays fortement dépendant de cette route maritime pour ses importations de pétrole, a déjà demandé un passage sécurisé pour neuf de ses navires, illustrant l'inquiétude des nations consommatrices. La déclaration attendue de l'Iran, si elle se concrétise, pourrait amorcer une normalisation, mais l'équilibre reste fragile, d'autant que le gouvernement américain a clairement conditionné toute avancée à des garanties concrètes de la part de Téhéran.