Le bilan provisoire du double séisme qui a frappé le Venezuela dans la nuit de mercredi à jeudi s'est considérablement alourdi. La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a annoncé un total d'au moins 920 morts et plus de 51 000 disparus, selon les dernières estimations des autorités. Ce nouveau décompte, diffusé samedi, représente une multiplication par près de deux par rapport au précédent bilan qui s'établissait à 589 décès.
Désarroi des populations et absence de secours
Dans les zones les plus touchées, notamment la localité côtière de La Guaira, située au nord de Caracas, les sinistrés expriment leur exaspération face à ce qu'ils perçoivent comme l'inaction des pouvoirs publics. De nombreux habitants ont entrepris eux-mêmes les recherches parmi les ruines des immeubles effondrés, déplorant la quasi-absence d'équipes de secours gouvernementales sur le terrain. Des témoins interrogés sur place rapportent n'avoir croisé que quelques militaires distribuant de l'eau et de la nourriture, une aide jugée très insuffisante au regard de l'ampleur des destructions.
« Chaque personne sauvée est un miracle », a déclaré Jorge Rodríguez, le président de l'Assemblée nationale, assurant que les autorités ne cachaient « absolument rien de l'ampleur de cette tragédie ». De son côté, la présidente intérimaire a affirmé que le gouvernement « travaillait sans relâche » pour mettre en place une réponse complète, annonçant la militarisation du secteur de La Guaira et l'arrivée imminente de renforts. Elle a également salué le déploiement d'une aide humanitaire internationale, avec des équipes de secours venues de nombreux pays.
Un défi colossal pour les autorités
Les deux séismes, de magnitudes 7,2 et 7,5, se sont produits à quelques secondes d'intervalle mercredi en fin de journée, provoquant l'effondrement de centaines de bâtiments et déclenchant un état d'urgence national. La fenêtre des 48 à 72 heures considérée comme cruciale pour retrouver des survivants en vie est désormais dépassée dans plusieurs secteurs, ce qui accentue le désespoir des familles.
L'ampleur de la catastrophe pose un défi humanitaire et logistique immense pour le gouvernement de transition dirigé par Delcy Rodríguez. Alors que l'aide étrangère afflue progressivement, la lenteur des secours officiels et l'ampleur des destructions suscitent des interrogations croissantes sur la capacité des autorités à gérer la crise. Les prochaines heures seront déterminantes pour tenter d'extraire d'éventuels survivants des décombres, alors que les opérations de déblaiement se poursuivent dans des conditions extrêmement difficiles.