L'Afrique CDC exige le paiement des soignants
L'agence de santé de l'Union africaine, Africa CDC, a sommé le gouvernement de la République démocratique du Congo de verser sans délai les salaires impayés des personnels soignants mobilisés contre l'épidémie d'Ebola. Ces travailleurs sanitaires, en grève depuis plusieurs jours, réclament le règlement de leurs arriérés de rémunération, une situation qui compromet gravement la lutte contre le virus.
Une flambée épidémique sans précédent
La RDC fait face à ce que les autorités sanitaires décrivent comme la plus rapide propagation d'Ebola jamais enregistrée dans le pays. Selon les bilans officiels, près de 1 800 cas confirmés ont été recensés, et le cap des 600 décès a été franchi. L'épicentre de la crise se situe dans l'est du territoire, où des enfants ayant perdu leurs parents à cause du virus se retrouvent livrés à eux-mêmes, tandis que les communautés tentent de contenir la maladie.
Un mouvement de grève aux conséquences critiques
Le débrayage des soignants, intervenu en pleine escalade de l'épidémie, a entraîné l'arrêt quasi total des opérations de vaccination, de dépistage et de prise en charge des malades dans plusieurs zones touchées. Les équipes médicales, souvent recrutées localement pour renforcer la réponse d'urgence, n'auraient pas perçu leur rémunération depuis plusieurs semaines, malgré des promesses répétées des autorités.
L'Afrique CDC a rappelé que la continuité des soins est indispensable pour éviter une catastrophe humanitaire et sanitaire, alors que le nombre de cas continue d'augmenter chaque jour. L'agence a appelé Kinshasa à honorer ses engagements financiers afin de permettre la reprise immédiate des activités de lutte anti-Ebola.
Contexte d'une épidémie historique
Cette épidémie, qui a débuté officiellement en mai 2026, a rapidement dépassé les précédentes flambées en termes de vitesse de propagation et d'ampleur géographique. Le virus a gagné des zones urbaines densément peuplées, dont la capitale Kinshasa, où les rassemblements de masse ont été interdits pour tenter de freiner la transmission. L'opposition politique avait dénoncé cette mesure comme un prétexte pour restreindre les libertés, mais les autorités sanitaires insistaient sur son caractère indispensable.
Parallèlement, l'Organisation mondiale de la santé et l'Africa CDC ont multiplié les alertes face à un possible scénario de flambée historique, aggravé par l'insécurité dans l'est du pays, les difficultés de traçage des contacts et la défiance d'une partie de la population envers les équipes médicales. Des centaines de patients infectés auraient été perdus de vue, compliquant encore la maîtrise de l'épidémie.
Des moyens financiers insuffisants
Les organisations internationales ont débloqué des fonds d'urgence — l'Africa CDC avait notamment alloué 107 millions de dollars — mais les retards de paiement au niveau national persistent. La grève actuelle illustre les fragilités structurelles du système de santé congolais, où les personnels recrutés sur des missions temporaires sont souvent les premières victimes des lenteurs administratives et budgétaires.
Le gouvernement n'a pour l'heure pas répondu publiquement à la sommation de l'Africa CDC, tandis que les syndicats des soignants menacent d'étendre le mouvement si leurs revendications ne sont pas satisfaites. La pression monte à mesure que l'épidémie continue de gagner du terrain, avec un nombre de morts qui pourrait encore s'alourdir si la réponse sanitaire n'est pas rétablie rapidement.