Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien et principal négociateur de la République islamique dans les discussions avec Washington, Mohammad Ghalibaf, a de nouveau affirmé ce lundi 23 juin 2026 que Téhéran continuera d'exercer son autorité sur le détroit d'Ormuz. Cette déclaration intervient dans un contexte de vives tensions internationales autour de cette voie navigable stratégique, par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial.
Une position constante malgré l'accord avec Washington
S'exprimant devant la presse, Mohammad Ghalibaf a insisté sur le fait que « l'administration du détroit d'Ormuz relève de la souveraineté de l'Iran ». Il a précisé que tout arrangement concernant le passage des navires devra impérativement obtenir l'aval de Téhéran, rejetant implicitement les propositions américaines visant à instaurer un système de péage sous contrôle des États-Unis.
Cette prise de position fait suite à l'accord signé le 18 juin entre Washington et Téhéran, qui prévoyait une réouverture prochaine du détroit après plusieurs semaines de fermeture. Le président américain Donald Trump avait alors promis, le 16 juin, une réouverture « complète » pour le vendredi suivant, promesse accueillie avec scepticisme par Paris et Téhéran.
Menace de fermeture en riposte aux frappes israéliennes
L'Iran avait officiellement annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz le 12 juin, en représailles à ce qu'il qualifiait de blocus américain et en riposte aux frappes israéliennes au Liban. Une nouvelle menace de fermeture avait été proférée le 20 juin, dans le cadre des tensions régionales déclenchées par l'opération militaire israélienne.
Cette décision avait provoqué une onde de choc sur les marchés pétroliers et suscité une levée de boucliers des puissances maritimes. La France et le Royaume-Uni s'étaient déclarés prêts, le 15 juin, à rétablir le trafic dans le détroit, tandis que le président français Emmanuel Macron avait écarté l'idée d'un péage américain, promettant une reprise rapide de la navigation.
Un trafic résiduel malgré les tensions
Malgré les menaces iraniennes et la fermeture officielle, un trafic résiduel a été observé dans le détroit ces derniers jours. Le 18 juin, un navire gazier français avait franchi le passage, marquant une première traversée après la signature de l'accord entre Washington et Téhéran.
Cette circulation sporadique reflète les incertitudes persistantes sur les modalités concrètes de la réouverture et les divergences entre les parties sur le cadre juridique et sécuritaire de la navigation. Les autorités iraniennes maintiennent leur exigence de contrôle, tandis que Washington propose un mécanisme de péage que Téhéran rejette.
Les implications géopolitiques de la position iranienne
La revendication réitérée par Mohammad Ghalibaf s'inscrit dans une stratégie plus large de Téhéran visant à conserver un levier de pression sur la scène internationale. En affirmant sa souveraineté sur le détroit d'Ormuz, l'Iran entend préserver sa capacité à influencer les flux énergétiques mondiaux et à peser dans les négociations sur son programme nucléaire.
Cette position iranienne est d'autant plus significative que le détroit d'Ormuz est considéré comme un point névralgique de la sécurité énergétique mondiale. La liberté de navigation dans cette zone est un principe défendu par les grandes puissances maritimes, qui voient d'un mauvais œil toute tentative de contrôle unilatéral.
Des tensions qui perdurent
Les déclarations de Mohammad Ghalibaf interviennent dans un climat de méfiance réciproque. L'accord signé le 18 juin n'a pas mis fin aux divergences de fond entre les deux pays. L'Iran a notamment scellé son stock d'uranium et miné des sites stratégiques, craignant une opération militaire américaine. De son côté, Donald Trump s'est félicité du blocus imposé à l'Iran, affirmant que Téhéran ne parvenait plus à payer son armée ni ses factures.
La question du détroit d'Ormuz reste donc un point de friction majeur entre Washington et Téhéran, avec des répercussions directes sur les marchés de l'énergie et la sécurité régionale. La réaffirmation par l'Iran de son contrôle exclusif sur la voie navigable laisse présager de nouveaux développements dans ce dossier sensible.