Une mère brise le silence

La mère de Prescyllia, une jeune femme qui accuse le père de Jérôme Barella de viols, a accueilli avec soulagement la réouverture de l'enquête. Elle déplore le traitement judiciaire réservé à sa fille depuis plus d'une décennie. « On a osé dire que c'était une menteuse », a-t-elle déclaré, fustigeant le classement sans suite d'une première plainte déposée en 2013. Ce dossier, qui concerne des faits présumés commis sur une mineure, avait été refermé sans que le mis en cause ne soit entendu.

Un parcours judiciaire chaotique

La mère de famille raconte avoir été ignorée par les institutions pendant des années. « Ma fille a porté seule ce fardeau. Personne ne l'a écoutée », a-t-elle confié. La plainte de 2013, déposée par la petite-fille de l'homme visé, n'avait pas abouti. Le parquet d'Auch avait alors classé l'affaire. Les enquêteurs n'avaient pas auditionné le suspect, une omission que la procureure d'Auch a confirmée publiquement ces dernières semaines. Cette inaction a renforcé le sentiment d'abandon chez les proches des victimes présumées.

Relance de l'enquête et nouveaux développements

L'affaire a connu un rebondissement après la mise en examen du frère de Jérôme Barella, Yannick Barella, pour des soupçons de viols et de séquestration. Parallèlement, la mère d'une autre adolescente, Rosa, a engagé une procédure contre l'État pour dénoncer son inaction. Ces éléments ont conduit les autorités à rouvrir le dossier principal. La mère de Prescyllia a salué cette décision : « Enfin, on nous prend au sérieux. » Elle espère que son enfant pourra désormais être entendue dans le cadre d'une procédure contradictoire.

Un espoir mesuré

Si la relance de l'enquête représente une avancée, la mère de Prescyllia reste prudente. « Je ne veux pas crier victoire trop vite. Nous avons été trop déçus par le passé », a-t-elle souligné. Elle redoute que les délais de prescription ou des obstacles procéduraux ne viennent entraver la marche de la justice. Les avocats des parties civiles ont indiqué qu'ils entendaient obtenir l'audition de tous les témoins et la confrontation des victimes avec l'accusé.

Contexte élargi

Le père de Jérôme Barella est au cœur d'une série d'enquêtes pour viols, agressions sexuelles et violences. Plusieurs femmes l'accusent de faits commis entre les années 2000 et 2010. L'une des plaignantes est sa propre petite-fille. Le parquet d'Auch, qui avait classé la plainte de 2013, a reconnu des manquements dans le traitement initial. La réouverture de l'enquête a été ordonnée par le tribunal judiciaire d'Auch, qui a désigné un juge d'instruction pour coordonner les investigations.

Réactions institutionnelles

La ministre de la Justice a récemment déclaré devant l'Assemblée nationale que des instructions avaient été données pour « examiner sans délai les dysfonctionnements signalés » dans le traitement de ces affaires. Une inspection de l'institution judiciaire est en cours. La mère de Prescyllia se dit attentive aux suites de cette démarche. « Nous voulons des actes, pas seulement des paroles », a-t-elle insisté.

Un combat pour la reconnaissance

Pour cette mère de famille, l'objectif dépasse le cadre personnel. « Je me bats pour que ma fille obtienne justice, mais aussi pour que d'autres enfants ne vivent pas ce calvaire », a-t-elle affirmé. Elle appelle les pouvoirs publics à mieux former les professionnels de justice à l'écoute des victimes de violences sexuelles, en particulier lorsqu'elles sont mineures. La relance de l'enquête constitue, selon elle, un premier pas vers la reconnaissance de leur parole longtemps niée.