L’enquête autour de Jérôme Barella, le principal suspect dans l’affaire du décès de Lyhanna, connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Une adolescente actuellement prise en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE) a déposé plainte contre lui pour des faits de viols et d’agressions sexuelles. L’information a été confirmée par le parquet compétent dans la journée.
Selon les éléments portés à la connaissance des enquêteurs, la jeune fille, âgée de 16 ans, aurait été victime de Jérôme Barella alors qu’elle résidait dans la même famille d’accueil que lui. Les faits présumés se seraient déroulés à plusieurs reprises sur une période encore en cours de détermination par les services d’investigation. La plaignante a été entendue par les policiers chargés de l’affaire, et son témoignage a conduit à l’ouverture d’une nouvelle procédure distincte des autres volets déjà instruits.
Un mode opératoire qui interroge
Ce dépôt de plainte intervient après la révélation de plusieurs autres accusations visant Jérôme Barella. Il est déjà mis en cause par plusieurs jeunes filles, dont certaines étaient également suivies par l’ASE. Le schéma décrit par les différentes plaignantes présente des similitudes : des faits commis au domicile d’une assistante familiale, dans un contexte où l’accès aux victimes présumées était facilité par la cohabitation.
Les avocats de l’adolescente ont indiqué que leur cliente avait trouvé le courage de parler après avoir appris le décès de Lyhanna, une jeune fille de 13 ans dont le corps avait été retrouvé, et pour lequel Jérôme Barella avait été interpellé. « Elle s’est reconnue dans le récit des autres victimes et a souhaité que justice soit faite », ont-ils expliqué dans une déclaration transmise aux autorités.
Un suspect déjà sous le coup de plusieurs procédures
Jérôme Barella se trouve actuellement en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur la mort de Lyhanna. Il a également été mis en examen pour des viols et agressions sexuelles sur plusieurs autres mineures. Le parquet a précisé que cette nouvelle plainte ferait l’objet d’une enquête distincte, mais qu’elle pourrait être jointe aux autres procédures en raison du mode opératoire et de la proximité des faits.
Les investigations en cours visent également d’autres membres de l’entourage du suspect. Le père de Jérôme Barella a été visé par une plainte déposée par sa propre petite-fille, classée sans suite en 2013 avant d’être rouverte récemment. Le frère du principal suspect, Yannick Barella, a quant à lui été mis en examen pour des faits de viols et placé sous contrôle judiciaire. L’affaire révèle peu à peu un réseau familial complexe de violences sexuelles, avec des victimes souvent placées sous la protection de l’ASE.
Des questions sur le fonctionnement de l’ASE
Ce nouvel épisode relance les interrogations sur les conditions de placement des mineurs confiés à l’aide sociale à l’enfance. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer un défaut de surveillance et des signalements insuffisamment pris en compte. La mère d’une autre adolescente, Rosa, a d’ailleurs annoncé son intention d’engager une action en justice contre l’État, estimant que les services de protection de l’enfance n’avaient pas agi assez rapidement pour protéger sa fille.
Le parquet n’a pas communiqué de calendrier précis pour les auditions à venir. Les enquêteurs devraient entendre dans les prochains jours les responsables de la famille d’accueil où résidait la plaignante, ainsi que les éducateurs référents de l’ASE. L’objectif est de déterminer si des signaux d’alerte avaient été émis avant le dépôt de la plainte.
Une affaire qui prend de l’ampleur
Le retentissement médiatique et judiciaire de l’affaire Lyhanna ne cesse de croître depuis la découverte du corps de l’adolescente. Les associations de défense des droits des enfants appellent à une refonte des mécanismes de signalement au sein de l’ASE, tandis que les autorités judiciaires assurent que toutes les plaintes sont traitées avec la plus grande diligence. Le dossier, qui comporte désormais plusieurs victimes présumées et une pluralité de mis en cause, s’annonce comme l’un des plus complexes de l’année pour la juridiction compétente.