L’enquête autour de la disparition de Lyhanna Barella connaît un nouveau développement. Une adolescente de 15 ans, prénommée Léa et actuellement placée par l’aide sociale à l’enfance (ASE), a déposé une plainte visant Jérôme Barella. Celui-ci, déjà mis en examen pour le meurtre et le viol de sa nièce Lyhanna, fait désormais l’objet d’accusations supplémentaires de la part d’une mineure qui aurait été sous sa emprise.
Le signalement a été effectué par les services de l’ASE, qui ont recueilli les déclarations de la jeune fille. Selon des éléments rapportés par la justice, Léa affirme avoir subi des viols et des agressions sexuelles de la part de Jérôme Barella. Ce nouveau récit s’inscrit dans un contexte où plusieurs enfants ou adolescents auraient été victimes de l’homme au sein de son cercle familial ou proche.
Un schéma d’inceste qui se confirme
Depuis la découverte du corps de Lyhanna, âgée de 9 ans, dans le Gers en mai dernier, l’affaire a pris une ampleur considérable. Les investigations ont rapidement mis au jour un environnement familial marqué par des violences sexuelles. Le père de Jérôme Barella, déjà visé par une plainte pour viol déposée par sa propre petite-fille en 2013 — classée sans suite à l’époque —, a vu l’enquête rouverte à la faveur de nouveaux témoignages. Plusieurs mères de famille, dont celle de Prescyllia, ont exprimé leur soulagement face à cette réactivation judiciaire.
Par ailleurs, Yannick Barella, frère du principal suspect, a été mis en examen pour des faits de viols sur mineur et sur sa conjointe, ainsi que pour séquestration. Placé en garde à vue début juin, il a été déféré devant un juge d’instruction. Les charges qui pèsent sur lui, bien que distinctes de celles qui concernent Jérôme, renforcent l’hypothèse d’un fonctionnement familial incestueux systémique.
Léa, une voix qui s’ajoute au dossier
La plainte de Léa intervient alors que plusieurs autres victimes présumées ont déjà témoigné. Une mère d’une adolescente accusant Jérôme Barella de viols a engagé une procédure contre l’État, dénonçant l’inaction des services sociaux et judiciaires. La procureure de la République d’Auch avait confirmé, début juin, que le suspect n’avait jamais été auditionné sur les faits qui lui étaient reprochés, malgré des plaintes antérieures.
L’adolescente placée, dont l’identité n’a pas été divulguée, apporte un éclairage nouveau sur la période durant laquelle elle aurait été en contact avec Jérôme Barella. Les enquêteurs devront déterminer si les faits qu’elle relate se sont produits avant ou après la mort de Lyhanna, et si d’autres enfants placés ont pu être exposés à des risques similaires.
Une enquête qui s’élargit
Les autorités judiciaires travaillent désormais à recouper les déclarations des différentes victimes, afin de cartographier l’étendue des violences. Des confrontations et des expertises psychologiques sont en cours. La cellule d’enquête, qui compte plusieurs juges d’instruction, pourrait être amenée à entendre de nouveaux témoins.
L’affaire Lyhanna, au-delà de son caractère tragique, soulève des questions sur la protection de l’enfance et la coordination entre les institutions. Les signalements répétés, les plaintes classées sans suite et la lenteur des procédures sont pointés du doigt par les familles des victimes et leurs avocats. Une commission d’enquête parlementaire pourrait être créée pour faire la lumière sur ces défaillances présumées.
En attendant, Jérôme Barella reste incarcéré, mis en examen pour meurtre et viol sur mineur. La nouvelle plainte de Léa ajoute un volet supplémentaire à un dossier déjà très lourd. La justice devra déterminer si ces accusations conduiront à de nouvelles mises en examen.