L’affaire Lyhanna, qui a bouleversé la France, prend une dimension supplémentaire avec la mise au jour d’un schéma d’inceste au sein de la famille Barella. Alors que Jérôme Barella a été mis en examen pour l’enlèvement et la séquestration de la fillette de 11 ans, son père, Joël Barella, et son frère, Yannick Barella, sont également visés par des accusations de violences sexuelles. Ces révélations, rendues publiques par les autorités judiciaires, soulèvent des questions sur les mécanismes de transmission de la violence au sein d’une même famille.
Jérôme Barella, un passé déjà marqué par des signalements
Avant d’être impliqué dans la mort de Lyhanna, Jérôme Barella, père de deux filles de sept et onze ans, faisait déjà l’objet de plusieurs signalements pour des comportements inappropriés envers des mineures. Le premier signalement remonte à 2017, lorsque la mère d’une adolescente de 17 ans dénonce sa relation avec sa fille. Ce « renseignement judiciaire » est classé sans suite en février 2018, les enquêteurs estimant que la relation était consentie compte tenu de l’âge de la jeune fille. Trois ans plus tard, il est licencié d’un lycée de Lectoure (Gers) pour des comportements inappropriés envers une lycéenne.
Par la suite, plusieurs plaintes sont déposées contre lui : une pour viol sur mineure en 2022, plusieurs signalements émanant du Centre national pour les enfants disparus et exploités (un organisme américain luttant contre la pédocriminalité), une plainte pour viols répétés en 2025, et deux plaintes pour viol en 2026.
Yannick Barella, le frère, mis en examen pour viols
Yannick Barella, frère de Jérôme, a été mis en examen pour viols sur mineur et viols sur conjoint. Il a été placé sous contrôle judiciaire. Les faits qui lui sont reprochés auraient été commis entre février 2007 et mars 2018, selon deux de ses anciennes compagnes, l’une majeure et l’autre âgée de 17 ans au début de leur relation. Entendu en garde à vue pour « viol sur mineur de plus de 15 ans, viol par conjoint, séquestration, et menace de mort réitérée par conjoint », il a nié toute relation sexuelle non consentie avec les victimes présumées.
Joël Barella, le père, visé par une réouverture d’enquête
Joël Barella, ancien artisan dans le bâtiment, fait l’objet d’une réouverture d’enquête pour des faits d’agression sexuelle dénoncés par « une mineure de son environnement familial », a annoncé le parquet de Béziers. La procédure, initialement suivie à Castres (Tarn), avait été classée en 2020 à Béziers, « l’infraction apparaissant insuffisamment caractérisée ». Une autre procédure visait cet homme pour le viol présumé d’une de ses petites-filles en 2013, mais avait été qualifiée de non-lieu en 2021. La petite-fille est « proche de la mineure » dont l’enquête a été rouverte, selon le parquet de Béziers. Joël Barella n’a pas été mis en examen mais placé sous le statut de témoin assisté dans cette affaire concernant des faits qui auraient été commis entre 2010 et 2013, alors que l’enfant était âgée de 10 à 13 ans.
Un schéma familial inquiétant
Ces multiples affaires révèlent un schéma de violences sexuelles au sein de la famille Barella. Le psychologue Christian Richomme a expliqué que « ces deux frères ont eu un même modèle » et ont reproduit le schéma paternel. « Il y a un phénomène de répétition et de transmission », a-t-il ajouté, soulignant le poids du passé criminel de Joël Barella dans la dynamique familiale.
Les enquêtes se poursuivent pour faire la lumière sur ces affaires, tandis que les victimes attendent justice. La réouverture de l’enquête visant Joël Barella a été accueillie favorablement par certaines familles, qui espèrent que les faits seront enfin reconnus. Ce dossier met en lumière les difficultés de la justice à traiter les violences sexuelles intrafamiliales, souvent tues ou minimisées.