Le dossier judiciaire entourant Jérôme Barella, déjà mis en cause dans l’enquête sur la mort de Lyhanna, s’étoffe d’une nouvelle accusation. Une adolescente placée sous la protection de l’aide sociale à l’enfance (ASE) a déposé plainte contre lui pour viol et agression sexuelle. L’information a été rendue publique par l’avocate de la plaignante, qui a apporté des précisions inédites sur le lien préexistant entre la victime présumée et l’entourage du suspect.

Maître Myriam Guedj Benayoun, qui défend la jeune fille prénommée Léa, a déclaré que sa cliente et la fille de Jérôme Barella « se connaissaient ». Cette relation antérieure constitue un élément nouveau dans une affaire où les investigations cherchent à établir un éventuel réseau de prédation. L’avocate n’a pas développé les circonstances exactes de cette connaissance, mais cette information suggère que les deux adolescentes évoluaient dans des sphères proches avant les faits allégués.

La plaignante, mineure au moment des faits qu’elle dénonce, a été entendue par les enquêteurs. Selon son conseil, elle a livré un récit circonstancié des violences qu’elle affirme avoir subies. Cette plainte intervient alors que plusieurs autres femmes et jeunes filles ont déjà témoigné contre Jérôme Barella, contribuant à dessiner un portrait accablant du quinquagénaire.

Un contexte judiciaire déjà lourd

Jérôme Barella est au centre de multiples procédures. Il est notamment mis en examen pour l’enlèvement et le meurtre de Lyhanna, une adolescente de 14 ans dont le corps a été retrouvé en mai 2025. Depuis cette date, les révélations se succèdent, et le cercle des victimes présumées ne cesse de s’élargir. Plusieurs dépôts de plainte pour viols et agressions sexuelles ont été enregistrés à son encontre, émanant de personnes mineures ou majeures.

Parallèlement, l’enquête s’est étendue à l’entourage familial. Yannick Barella, frère du principal suspect, a été mis en examen pour viols. Le père de Jérôme Barella fait également l’objet de poursuites après la réouverture d’une enquête pour des faits de viols présumés sur sa petite-fille, plainte initialement classée sans suite en 2013. Ces développements ont conduit des associations et des avocats à dénoncer ce qu’ils qualifient de « schéma d’inceste familial ».

Des lacunes dans le suivi des signalements pointées du doigt

L’affaire a également mis en lumière les carences du système de protection de l’enfance. Plusieurs signalements concernant Jérôme Barella ou ses proches n’auraient pas été suivis d’effet à temps. Dans le cas de Lyhanna, un signalement émanant d’une collégienne placée à l’ASE aurait pu, selon des sources proches du dossier, permettre d’interpeller plus tôt le principal suspect. La mère d’une autre adolescente accusant Jérôme Barella de viols a par ailleurs engagé une procédure contre l’État, dénonçant l’inaction des autorités.

La nouvelle plainte déposée par Léa relance les interrogations sur la capacité des institutions à protéger les mineurs vulnérables. L’avocate de la jeune fille n’a pas souhaité commenter les éventuelles responsabilités de l’ASE dans ce dossier, mais a insisté sur la nécessité de « libérer la parole » des victimes.

Une enquête en pleine expansion

Les investigations menées par les gendarmes et la justice se poursuivent. La procureure de la République avait déjà confirmé que Jérôme Barella n’avait pas été auditionné sur les premières plaintes pour viols déposées avant sa mise en examen dans l’affaire Lyhanna. Ce défaut d’audition est aujourd’hui examiné de près par les magistrats instructeurs.

Avec cette nouvelle accusation, le parquet pourrait être amené à élargir encore le périmètre de l’instruction. Les enquêteurs tentent désormais de cartographier l’ensemble des relations et des lieux fréquentés par le suspect afin d’identifier d’éventuelles autres victimes.

Un besoin de justice exprimé par les familles

Les proches des victimes présumées ont, à plusieurs reprises, exprimé leur colère et leur espoir que la justice fasse toute la lumière sur ces affaires. Pour la mère de Léa, le dépôt de cette plainte représente une étape décisive. « Ma cliente et sa famille attendent que les faits soient reconnus et que la vérité éclate », a résumé Myriam Guedj Benayoun.

L’affaire Lyhanna, tragique par son issue, a ouvert une brèche dans le silence. Chaque nouveau témoignage renforce la pression sur le système judiciaire et rappelle l’urgence d’une meilleure protection des mineurs.

L’enquête se poursuit donc, alors que de nouvelles plaintes pourraient encore être déposées dans les prochaines semaines.