Au lendemain du verdict de la cour d’appel de Paris, Marine Le Pen a brisé le silence. Mardi 7 juillet, à l’issue d’une matinée d’audience, la présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale a confirmé qu’elle serait candidate à l’élection présidentielle de 2027. Elle a également fait savoir qu’elle formerait un pourvoi en cassation contre la décision des juges.
La décision de la cour d’appel
Les magistrats parisiens ont condamné Marine Le Pen à trois ans d’emprisonnement, dont deux assortis d’un sursis simple. La partie ferme, soit un an, sera aménagée sous la forme d’un placement sous surveillance électronique. S’y ajoute une peine d’inéligibilité de quarante-cinq mois, dont trente mois avec sursis. En conséquence, l’ancienne candidate à la présidentielle reste théoriquement éligible pour le scrutin de 2027, puisque seule la partie ferme de cette peine – quinze mois – court à compter du jugement. En première instance, en septembre 2025, elle avait écopé de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui l’aurait rendue inéligible pour 2027.
Les mêmes faits de détournement de fonds publics européens – consistant à avoir rémunéré des assistants parlementaires qui ne travaillaient pas pour le Parlement européen – ont valu à plusieurs cadres du parti des sanctions pénales. Julien Odoul a été condamné à huit mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité avec sursis. Louis Aliot écope d’un an de prison avec sursis, de 5 000 euros d’amende et de deux ans d’inéligibilité avec sursis. Wallerand de Saint-Just a reçu trois ans de prison avec sursis et un an d’inéligibilité. Bruno Gollnisch a été condamné à trois ans de prison avec sursis, à un an d’inéligibilité et à 25 000 euros d’amende.
Une sortie du palais sans déclaration, puis une prise de parole télévisée
Marine Le Pen a quitté le tribunal sans faire de déclaration. Elle a ensuite annoncé qu’elle s’exprimerait lors du journal télévisé de 20 heures sur TF1, où elle devrait développer sa stratégie de défense et réaffirmer ses ambitions. « Je ne changerai pas d’avis », a-t-elle affirmé plus tôt dans la journée, dans des propos rapportés par son entourage. La candidate entend ainsi maintenir le cap malgré une condamnation pénale.
Réactions politiques
À gauche, le député de la Somme François Ruffin a estimé n’avoir « aucun doute » sur le fait que Marine Le Pen finira par se retirer de la campagne présidentielle. Ses propos, tenus en marge de l’audience, traduisent l’incertitude qui persiste quant à la suite judiciaire. Le pourvoi en cassation, qui n’est pas suspensif en ce qui concerne l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité de première instance, pourrait toutefois rebattre les cartes si la Haute juridiction revenait sur la décision.
Un calendrier judiciaire serré
Le pourvoi en cassation, désormais engagé par Marine Le Pen, ne suspend pas l’exécution de la condamnation. Il faudra plusieurs mois, voire plus d’un an, avant que la Cour de cassation ne se prononce. En attendant, la cheffe de file du RN conserve le droit de se présenter à l’élection présidentielle de 2027, sous réserve que la procédure soit close avant le dépôt des candidatures. Ce nouvel épisode judiciaire relance les interrogations sur l’avenir politique du Rassemblement national, qui doit désormais organiser sa campagne en parallèle des recours.