Alors que le tirage au sort de la Coupe du monde 2026 a placé l’Iran dans un groupe dont les rencontres se dérouleront aux États-Unis, le Mexique a officiellement fait savoir qu’il est disposé à accueillir la sélection iranienne sur son sol sans difficulté. « Il n’y aura aucun problème pour que l’équipe d’Iran vienne s’installer au Mexique », a déclaré une source gouvernementale mexicaine, citée par les autorités locales.

Le camp de base de l’équipe d’Iran devrait être établi à Tijuana, ville frontalière du nord-ouest du Mexique, située à quelques kilomètres de la frontière américaine. Cette localisation permettrait aux joueurs et à l’encadrement de se rendre relativement facilement aux États-Unis pour y disputer leurs trois matches de groupe. Toutefois, la question des visas demeure un enjeu central : les ressortissants iraniens, comme la plupart des citoyens de la République islamique, doivent obtenir un visa pour entrer sur le territoire américain.

L’Iran mise sur la Fifa pour faciliter les déplacements

De son côté, la Fédération iranienne de football a indiqué qu’elle compte sur l’intervention de la Fédération internationale de football association (Fifa) pour obtenir des visas « à entrées multiples » pour ses joueurs et officiels. Cette demande vise à permettre à la délégation iranienne de circuler librement entre le Mexique et les États-Unis pendant la durée du tournoi, sans avoir à solliciter un nouveau visa à chaque passage de la frontière.

« Nous espérons que la Fifa pourra faciliter les procédures auprès des autorités américaines, afin que nos joueurs puissent se concentrer uniquement sur la compétition », a déclaré un responsable de la Fédération iranienne, sous couvert d’anonymat. Les discussions entre la Fifa et le département d’État américain seraient en cours, mais aucun accord officiel n’a encore été annoncé.

Un précédent diplomatique sensible

La participation de l’Iran à une compétition sportive organisée conjointement par les États-Unis, le Mexique et le Canada intervient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Téhéran et Washington. Depuis la rupture des relations diplomatiques en 1980, les ressortissants iraniens sont soumis à des restrictions d’entrée aux États-Unis, et les demandes de visa font l’objet d’un examen minutieux.

En 2022, lors de la Coupe du monde au Qatar, l’équipe d’Iran avait déjà dû composer avec des contraintes logistiques liées à l’obtention de visas pour se rendre dans certains pays. Cette fois, la complexité est accrue par la nécessité de traverser régulièrement une frontière internationale.

La Fifa en médiateur

La Fifa, en tant qu’organisateur de la compétition, a pour mission de garantir la participation de toutes les équipes qualifiées dans des conditions équitables. L’instance dirigeante du football mondial a déjà été confrontée à des situations similaires par le passé, notamment lors de Coupes du monde organisées dans des pays n’entretenant pas de relations diplomatiques avec certaines nations participantes.

« La Fifa travaille en étroite collaboration avec les autorités des trois pays hôtes pour s’assurer que toutes les équipes puissent voyager et concourir sans entrave », a précisé un porte-parole de l’organisation. Aucune date butoir n’a été fixée pour le règlement de la question des visas iraniens, mais les discussions devraient s’intensifier à mesure que le tournoi approche.

Le Mexique, hôte expérimenté

Le Mexique, qui a déjà accueilli la Coupe du monde en 1970 et 1986, se prépare à recevoir plusieurs équipes nationales sur son territoire en 2026. Les autorités mexicaines ont réaffirmé leur engagement à offrir des conditions d’accueil optimales à toutes les délégations, indépendamment des considérations politiques. « Le sport doit rester en dehors de la politique », a insisté un responsable mexicain, ajoutant que le pays respectera toutes ses obligations envers les équipes participantes.

La ville de Tijuana, qui abritera le camp de base iranien, dispose d’infrastructures sportives modernes et d’une capacité d’hébergement suffisante pour accueillir une sélection nationale. Les autorités locales se sont dites prêtes à collaborer avec les organisateurs pour faciliter l’installation de l’équipe.