Alors que les tensions persistent autour de la participation de l'Iran à la Coupe du monde 2026, le sélectionneur national et l'attaquant vedette de l'équipe ont tenu à affirmer leur attachement à l'ensemble du peuple iranien. « Nous respectons tous les Iraniens », ont-ils déclaré, dans une prise de parole qui semble répondre indirectement aux demandes formulées par les autorités de Téhéran.
Ces derniers jours, le régime iranien a officiellement saisi la Fédération internationale de football association (Fifa) pour exiger l'interdiction de tout symbole de l'opposition – notamment des drapeaux et des banderoles – dans les stades où évoluera la sélection nationale lors du Mondial nord-américain. Cette requête s'inscrit dans un contexte de fortes tensions politiques entre le pouvoir iranien et une partie de sa diaspora, qui exprime régulièrement son soutien aux mouvements de contestation.
Une déclaration à double portée
En choisissant de marteler leur respect envers « tous les Iraniens », les deux responsables de l'équipe cherchent sans doute à ne pas s'aliéner une partie du public tout en maintenant une position officielle conforme aux attentes de la République islamique. L'attaquant vedette, dont l'image est très populaire au sein de la jeunesse iranienne, et le sélectionneur se sont exprimés lors d'un point presse organisé au Mexique, où l'équipe est installée depuis plusieurs jours pour préparer la compétition.
Cette déclaration intervient alors que de nombreux observateurs s'interrogent sur l'atmosphère qui règne au sein du groupe iranien. Depuis l'arrivée de la délégation à Tijuana, les joueurs se sont entraînés à huis clos sous haute sécurité, tandis que les questions de visas et de quotas de billets ont opposé Téhéran aux autorités américaines. La demande faite à la Fifa d'interdire les symboles de l'opposition avait été perçue comme une tentative du régime de contrôler l'image de l'équipe à l'étranger.
Pas de réponse officielle de la Fifa
Pour l'heure, l'instance dirigeante du football mondial n'a pas encore réagi publiquement à l'exigence iranienne. La Fifa rappelle généralement dans ses règlements que les messages politiques sont prohibés dans les stades, mais l'interprétation de ce qui constitue un « message politique » reste sujette à débat. Les prochains jours devraient être décisifs pour savoir si l'organisation choisit de donner suite à la requête de Téhéran.
En attendant, l'équipe d'Iran poursuit sa préparation. Le premier match de la sélection est prévu dans quelques jours et l'attention médiatique reste forte, tant sur le plan sportif que sur les enjeux politiques qui entourent la délégation. Les propos du sélectionneur et de son attaquant vedette pourraient apaiser provisoirement les esprits, mais ils ne dissipent pas les interrogations sur la liberté d'expression des joueurs et des supporters iraniens pendant la compétition.