Des déclarations qui résonnent au cœur du tournoi
À moins de deux jours de leur entrée en lice dans la compétition, l'encadrement et les joueurs de l'équipe d'Iran ont pris la parole dans un contexte particulièrement tendu. Le sélectionneur national a qualifié sa formation de « l'équipe la plus maltraitée de la Coupe du monde », fustigeant des obstacles administratifs et politiques qui, selon lui, entravent la préparation de son groupe.
Le technicien a notamment mis en avant les difficultés rencontrées pour obtenir les visas américains, indispensables pour disputer les rencontres prévues aux États-Unis. « Nous avons dû batailler pour chaque document, pour chaque autorisation, pendant que d'autres équipes planifient leur séjour en toute sérénité », a-t-il déploré devant les journalistes.
Un message d'unité face aux tensions politiques
L'attaquant vedette de la sélection, figure emblématique du football iranien, a joint sa voix à celle de son entraîneur pour adresser un message apaisant. « Nous respectons tous les Iraniens, où qu'ils se trouvent et quelles que soient leurs opinions », a-t-il déclaré, dans une allusion aux profondes divisions qui traversent la société iranienne depuis les manifestations de 2022.
Le joueur a insisté sur le rôle fédérateur du sport : « Le maillot de l'équipe nationale appartient à tous les Iraniens. Nous jouons pour notre pays, pas pour un camp ou un gouvernement. » Cette prise de parole intervient alors que Téhéran a multiplié les démarches auprès de la Fédération internationale de football association (Fifa) pour obtenir l'interdiction des symboles de l'opposition dans les stades.
Un contexte diplomatique lourd
Les déclarations de l'entraîneur et du joueur s'inscrivent dans un climat diplomatique particulièrement chargé. Depuis leur arrivée au Mexique, où ils ont posé leurs valises sous haute sécurité, les Iraniens font face à une série de tracasseries administratives. Le quota de billets alloué à la délégation iranienne par les autorités américaines a été jugé insuffisant par Téhéran, qui y voit une « pression politique délibérée ».
Par ailleurs, le président de la Fédération iranienne de football et une partie du staff technique attendent toujours l'obtention de leurs visas, ce qui compromet leur présence sur le banc lors du premier match. « On nous traite comme des indésirables, alors que nous ne faisons que pratiquer notre sport », a ajouté le sélectionneur.
Un appel au fair-play
Malgré ces tensions, le capitaine a tenu à rassurer les supporters : « Nous sommes concentrés sur notre objectif sportif. Nous voulons honorer notre pays et montrer le visage d'un Iran uni et pacifique. » Il a également lancé un appel aux instances du football mondial pour qu'elles garantissent des conditions équitables à toutes les délégations.
« Le football doit rester en dehors des querelles politiques. Nous demandons à la Fifa de veiller à ce que la compétition se déroule dans le respect et la dignité pour tous », a insisté l'attaquant, qui évolue dans un club européen de premier plan.
Un rendez-vous décisif
L'équipe d'Iran s'apprête à disputer son premier match du tournoi face à une sélection européenne redoutable, dans un stade américain où la communauté iranienne en exil pourrait manifester sa présence. Les joueurs espèrent que leur performance sur le terrain fera oublier les polémiques extra-sportives.
« Nous sommes des footballeurs, pas des diplomates. Notre réponse, nous la donnerons sur le terrain », a conclu le sélectionneur, promettant une équipe « combative et solidaire » pour ce Mondial 2026.