Une demande officielle adressée à la Fifa

Les autorités iraniennes ont formellement demandé à la Fifa d'interdire l'affichage de symboles de l'opposition lors des matchs de la Coupe du monde 2026. Téhéran craint que des manifestations politiques ne perturbent la compétition, en particulier lors de la rencontre entre l'Iran et la Nouvelle-Zélande. Le ministère des Sports iranien a fait savoir que l'exhibition de tels emblèmes constituerait une violation des statuts de la Fifa, qui prohibent toute ingérence politique dans le sport.

Un contexte diplomatique tendu

Cette requête intervient dans un climat déjà marqué par plusieurs contentieux entre l'Iran et les organisateurs du Mondial. Ces dernières semaines, Téhéran a accusé les États-Unis de réduire délibérément le quota de billets alloué à sa délégation. Par ailleurs, l'équipe nationale iranienne, arrivée au Mexique le 7 juin, s'est installée à Tijuana où elle s'entraîne sous haute sécurité et à huis clos. La question des visas a longuement retardé le voyage des joueurs et du staff : si les joueurs ont fini par obtenir leurs visas américains, une partie de l'encadrement et le président de la fédération iranienne sont toujours en attente.

Les symboles visés

Parmi les emblèmes que Téhéran souhaite voir proscrits figurent notamment des drapeaux utilisés par des groupes d'opposition basés à l'étranger. Les autorités iraniennes estiment que leur présence dans les tribunes pourrait être interprétée comme un message politique contraire à l'esprit sportif. La Fifa, qui se refuse pour l'instant à tout commentaire officiel, se trouve confrontée à une situation délicate : elle doit concilier le respect de ses règles d'apolitisme avec les préoccupations sécuritaires et diplomatiques d'un État membre.

Des précédents dans l'histoire du football

L'instance mondiale du football a déjà été saisie par le passé de demandes similaires. En 2022, lors du Mondial au Qatar, des appels à bannir des symboles politiques avaient émané de plusieurs fédérations. La Fifa avait alors rappelé son attachement à la neutralité politique des stades, tout en reconnaissant la difficulté de contrôler l'ensemble des banderoles et drapeaux dans les tribunes. Cette jurisprudence pourrait influencer la position qu'adoptera l'organisation face à la requête iranienne.

Un enjeu de sécurité pour le tournoi

Les organisateurs de la Coupe du monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, doivent également prendre en compte les risques de débordements. La rencontre entre l'Iran et la Nouvelle-Zélande, prévue dans un stade nord-américain, est considérée comme un match à haut risque en raison de la forte diaspora iranienne présente dans la région. Les autorités locales ont déjà renforcé les mesures de sécurité autour des entraînements de l'équipe iranienne. La réponse de la Fifa à la demande de Téhéran est attendue dans les prochains jours.