La Fédération iranienne de football a officiellement saisi la Fédération internationale de football association (Fifa) d'une plainte visant les limitations d'accès au territoire américain imposées aux citoyens iraniens. Cette action intervient à moins d'un an du début de la Coupe du monde 2026, dont les États-Unis sont l'un des trois pays hôtes aux côtés du Mexique et du Canada.

Des restrictions jugées discriminatoires

Dans sa requête, la partie iranienne dénonce ce qu'elle qualifie de « restrictions » entravant la libre circulation de ses joueurs, de son encadrement technique et de ses supporteurs. Selon Téhéran, ces mesures contreviennent aux principes d'universalité et d'égalité de traitement promus par la Fifa. La fédération iranienne estime que le droit de participer à la compétition et d'y assister sans entrave est un droit fondamental pour toute nation qualifiée.

Un précédent diplomatique tendu

Cette plainte s'inscrit dans un climat de fortes tensions entre l'Iran et les États-Unis, exacerbé depuis plusieurs semaines par une série d'incidents liés à la participation de la sélection iranienne au Mondial. Les autorités iraniennes ont récemment accusé Washington d'avoir réduit le quota de billets alloué à leur délégation, puis d'avoir expulsé l'un de leurs joueurs. Par ailleurs, la question des visas a longtemps constitué une pierre d'achoppement : ce n'est qu'après de longues tractations que les joueurs ont obtenu leurs sésames américains, tandis que certains membres du staff et le président de la fédération demeuraient en attente.

Des démarches parallèles

Parallèlement à cette procédure, Téhéran a également exigé de la Fifa qu'elle interdise l'affichage de symboles de l'opposition dans les enceintes sportives, dénonçant un « climat hostile » entretenu par des groupes d'opposition à l'étranger. La plainte actuelle constitue donc un nouveau volet de la stratégie iranienne visant à obtenir des garanties de la part de l'instance dirigeante du football mondial.

La Fifa en arbitre

L'organisation basée à Zurich n'a pas encore communiqué officiellement sur la recevabilité de cette plainte. La Fifa se trouve dans une position délicate, devant concilier les règles de ses compétitions – qui garantissent un accès libre et non discriminatoire – avec les lois souveraines des pays hôtes en matière d'immigration. La décision pourrait créer un précédent important quant à la responsabilité de l'instance en cas de restrictions imposées par un État organisateur.

Un enjeu pour les supporteurs

Au-delà de l'équipe, ce sont des milliers de supporters iraniens qui pourraient se voir refuser l'accès au territoire américain en raison des mesures restrictives en vigueur. La fédération iranienne demande donc à la Fifa d'intervenir pour garantir la libre circulation de tous les participants à l'événement, conformément à la charte de l'instance.