À moins de trois semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, une nouvelle polémique oppose Téhéran à Washington. Les autorités sportives iraniennes ont accusé les États-Unis d’avoir réduit de manière unilatérale le quota de billets alloué aux supporters de l’équipe nationale, une décision dénoncée comme une « entrave politique » à la participation de la diaspora iranienne.

Des accusations de restriction ciblée

Selon des responsables iraniens, le nombre de places mises en vente pour les fans de la sélection a été diminué de plusieurs milliers par rapport aux allocations initiales, sans justification claire. La Fédération iranienne de football a officiellement protesté auprès de la FIFA, estimant que cette mesure vise à limiter la présence de supporters proches du régime. « C’est une atteinte inacceptable au droit de nos compatriotes de soutenir leur équipe », a déclaré un porte-parole du ministère des Sports iranien.

De son côté, le Département d’État américain a répondu que la distribution des billets relève exclusivement du comité d’organisation de la FIFA et des règles de la compétition, et non d’une décision politique. Aucune confirmation officielle d’une réduction arbitraire n’a été fournie par les autorités américaines.

Un contexte diplomatique tendu

Ces accusations surviennent alors que l’équipe iranienne, qui affrontera les États-Unis, l’Angleterre et le pays hôte lors de la phase de groupes, a déjà connu des difficultés logistiques pour se rendre sur le sol américain. Après des semaines d’incertitude sur l’obtention des visas, les joueurs ont finalement reçu leur autorisation d’entrée, mais une partie du staff et le président de la Fédération iranienne de football sont toujours en attente d’une réponse.

L’équipe s’est installée à Tijuana, au Mexique, où elle s’entraîne à huis clos sous haute surveillance, en attendant de pouvoir entrer aux États-Unis la veille de son premier match. La question des billets ajoute une couche de tension supplémentaire entre les deux pays, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques formelles.

Des précédents de controverses billetterie

Ce n’est pas la première fois que des soupçons de restriction politique entourent la vente de billets pour une Coupe du monde. En 2022, des supporters de certaines sélections s’étaient plaints de procédures complexes et de quotas jugés insuffisants. La FIFA avait alors assuré que l’attribution des places était transparente et basée sur la demande.

Pour l’édition 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, les autorités américaines ont rappelé que tous les ressortissants étrangers doivent se conformer aux lois sur l’immigration, mais qu’aucune discrimination n’est pratiquée. Les supporters iraniens résidant aux États-Unis ou dans d’autres pays peuvent, en principe, acheter des billets comme tout autre fan.

Les réactions en Iran

En Iran, la polémique a rapidement enflammé les médias et les réseaux sociaux. Plusieurs commentateurs proches du pouvoir y voient une tentative de Washington d’humilier la République islamique devant la scène internationale. Des appels au boycott de la compétition ont même été lancés par certains ultras, bien que la Fédération ait confirmé sa participation et son intention de jouer tous ses matches.

Du côté des joueurs, aucune déclaration officielle n’a été faite, mais des sources proches du groupe indiquent que l’équipe reste concentrée sur sa préparation sportive. Le capitaine de la sélection a simplement évoqué le soutien de tous les Iraniens, où qu’ils se trouvent, sans entrer dans le détail des restrictions billetterie.

Prochaines étapes

La FIFA, saisie par la Fédération iranienne, examine actuellement la plainte. L’instance mondiale du football a réaffirmé dans un communiqué que « tous les supporters doivent avoir un accès équitable aux billets dans le respect des règles de la compétition et des lois locales ». Aucun délai n’a été donné pour une réponse.

En attendant, les supporters iraniens qui ont déjà acheté des places redoutent de voir leur accès refusé à l’entrée des stades. Les associations de la diaspora multiplient les appels à la prudence et conseillent à chacun de vérifier la validité de son billet et de ses documents de voyage.

La Coupe du monde 2026 s’ouvrira le 11 juin prochain, et la sélection iranienne fera son entrée en lice le 15 juin face au pays hôte. Le match contre les États-Unis est prévu le 21 juin, un choc qui s’annonce déjà chargé de symboles au-delà du simple cadre sportif.