L'équipe nationale iranienne de football se trouve au cœur d'une controverse diplomatique à l'approche de la Coupe du monde 2026, dont le coup d'envoi est prévu le 11 juin. Si les joueurs ont bien obtenu les visas américains nécessaires pour participer à la compétition, une partie de l'encadrement et des dirigeants affirme en être privée, suscitant une vive réaction de Téhéran.

Ce samedi 6 juin, l'ambassade d'Iran en Turquie a publiquement interpellé l'ambassadeur américain à Ankara, Tom Barrack, après que ce dernier a assuré que l'ensemble de la sélection iranienne avait reçu ses visas. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la représentation diplomatique iranienne a demandé : « Pourquoi ne dites-vous pas que des visas ont été refusés à une grande partie du personnel de direction et des cadres, des conseillers techniques, et d'autres personnes qui font partie intégrante de toute équipe nationale de football ? »

Selon plusieurs médias iraniens, quinze membres de l'équipe administrative et d'encadrement seraient concernés par ces difficultés. Le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, figurerait parmi les personnes n'ayant pas obtenu de visa. L'ambassade iranienne en Turquie a dénoncé un « traitement discriminatoire » et une « ingérence politiquement biaisée dans le sport », estimant que le gouvernement américain « prive l'équipe nationale d'Iran de son droit de participer à la Coupe du monde dans des conditions normales ».

Un camp de base déplacé vers le Mexique

Cette situation a des conséquences logistiques concrètes. Alors que l'Iran devait initialement établir son camp de base à Tucson, en Arizona, l'incertitude autour des visas a contraint la délégation à modifier ses plans. L'équipe doit désormais s'envoler pour Tijuana, au Mexique, pays co-organisateur du Mondial 2026 avec les États-Unis et le Canada. Le Mexique s'était déjà déclaré prêt à accueillir la sélection iranienne sans difficulté, une option désormais mise en œuvre.

Un contexte géopolitique tendu

Cette controverse intervient dans un climat de fortes tensions entre l'Iran et les États-Unis. Malgré un cessez-le-feu annoncé le 8 avril, Washington a ordonné de nouveaux bombardements contre l'Iran, auquel Téhéran a répliqué en ciblant des pays du Golfe. Pour l'Iran, le refus de visas à des membres de sa délégation sportive s'inscrit dans cette « hostilité » américaine.

Le premier match de l'Iran dans le groupe G est programmé le 15 juin à Los Angeles contre la Nouvelle-Zélande. La sélection doit ensuite affronter la Belgique le 21 juin, toujours à Los Angeles, avant de conclure la phase de poules face à l'Égypte à Seattle. L'obtention des visas pour l'ensemble de la délégation reste une condition sine qua non pour que l'Iran puisse participer à ces rencontres sur le sol américain. Pour l'heure, le Département d'État américain ne s'est pas exprimé officiellement sur les refus évoqués par Téhéran.