L'Iran monte au créneau contre Washington
La Fédération iranienne de football a officiellement protesté, ce mardi 9 juin, contre ce qu'elle qualifie de « restriction injustifiée » de son quota de billets pour la Coupe du monde 2026, qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Selon Téhéran, les autorités américaines auraient réduit le nombre de places disponibles pour les supporters iraniens, une décision décrite comme « unilatérale et hostile » par le ministère iranien des Sports.
Cette accusation intervient alors que l'équipe nationale iranienne a fini par rejoindre son camp de base à Tijuana, au Mexique, après des mois de tractations sur l'obtention des visas pour ses joueurs et son encadrement. La phase de groupes de l'équipe se jouera sur le sol américain, ce qui ajoute une dimension politique à la controverse.
Un quota de billets jugé insuffisant
Les autorités iraniennes affirment que le quota de billets alloué par la fédération internationale (FIFA) pour les supporters iraniens aurait été amputé sous l'influence du gouvernement américain. Aucun chiffre précis n'a été communiqué par les parties prenantes, mais Téhéran évoque une « baisse drastique » qui empêcherait une partie de la diaspora iranienne ainsi que les fans venus d'Iran d'assister aux matchs.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué le chargé d'affaires suisse, qui représente les intérêts américains en Iran en l'absence de relations diplomatiques directes, pour lui remettre une note de protestation. Téhéran menace de saisir la FIFA et d'autres instances internationales du sport.
La réponse américaine
De source proche de l'administration américaine, on indique que la distribution des billets pour la Coupe du monde relève de la compétence exclusive de la FIFA et de ses fédérations membres, et non du gouvernement des États-Unis. Les mêmes sources rappellent que la priorité de Washington a été d'assurer la sécurité de l'événement et de respecter les lois migratoires, ce qui a déjà compliqué l'obtention des visas pour la délégation iranienne.
Contexte de tension persistante
Cette nouvelle polémique s'inscrit dans un climat de défiance réciproque. L'arrivée de l'équipe d'Iran au Mexique avait déjà été marquée par des difficultés : certains membres du staff et le président de la fédération n'avaient obtenu leur visa qu'à la dernière minute, tandis que les joueurs avaient dû patienter des semaines. Des mesures de sécurité renforcées ont été déployées autour du camp d'entraînement à Tijuana, où l'équipe s'entraîne à huis clos.
La Coupe du monde 2026 constitue ainsi un enjeu diplomatique sensible entre les deux pays, qui ne maintiennent pas de relations officielles. L'Iran accuse régulièrement les États-Unis de faire peser des restrictions politiques sur le sport, un argument que Washington rejette en invoquant la sécurité et la légalité internationale.