Les cours du pétrole poursuivent leur ascension dans un contexte de regain des hostilités entre les États-Unis et l'Iran, le baril de Brent s'établissant autour de 85 dollars après avoir atteint un pic à 87 dollars. Cette flambée des prix intervient alors que l'administration américaine a rétabli un blocus maritime des ports iraniens dans le détroit d'Ormuz, une mesure qui suscite l'inquiétude des marchés et des experts du transport maritime.
Escalade militaire et réactions iraniennes
Les forces américaines ont mené une troisième nuit consécutive de frappes aériennes contre l'Iran, ciblant selon le Commandement central américain les capacités de Téhéran à attaquer les civils et la navigation commerciale dans la région. En riposte, le Corps des Gardiens de la révolution islamique a revendiqué des attaques contre deux pétroliers géants dans le détroit, ainsi que des tirs de missiles et de drones contre des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. Ces échanges de tirs marquent une escalade significative après une brève accalmie consécutive à la signature d'un mémorandum de paix le mois dernier.
Impact sur le trafic maritime et les chaînes d'approvisionnement
La reprise des combats a provoqué un effondrement du trafic dans le détroit d'Ormuz, voie de passage cruciale pour environ un cinquième des cargaisons mondiales de pétrole. Selon des données de suivi des navires, seulement 57 transits ont été enregistrés entre vendredi et dimanche, soit une chute de plus de 50 % par rapport à la semaine précédente. Avant le début du conflit fin février, environ 130 navires empruntaient quotidiennement cette voie. Les entreprises logistiques font état de taux de fret plus élevés qu'il y a un an, et les compagnies maritimes ont dû recourir au transport ferroviaire et routier pour acheminer des marchandises vers les pays du golfe Persique, des surcoûts qui pourraient être répercutés sur les consommateurs.
Conséquences économiques et pressions inflationnistes
Cette nouvelle flambée des prix du pétrole intervient alors que les réserves stratégiques américaines sont à leur plus bas niveau depuis 1983, réduisant la marge de manœuvre des autorités pour atténuer les chocs d'approvisionnement. Selon des analystes, l'épuisement de ces réserves rend le marché vulnérable à une « repricing violent » si la rhétorique belliqueuse ne s'apaise pas. Le Fonds monétaire international a estimé que l'inflation mondiale pourrait atteindre 4,7 % en 2026, contre 4,1 % l'année précédente, en raison de la hausse des prix de l'énergie, des métaux, des engrais et des produits alimentaires. Ces prévisions ont été établies avant la reprise des hostilités, laissant craindre une détérioration supplémentaire.
Volatilité des marchés financiers et réactions des investisseurs
Les marchés boursiers mondiaux ont reculé face aux incertitudes géopolitiques, tandis que les hedge funds ont renforcé leurs paris haussiers sur le pétrole au rythme le plus rapide depuis une décennie. Le pétrole brut a bondi de près de 17 % par rapport à son niveau précédant le début du conflit fin février. Par ailleurs, le président américain a évoqué l'idée d'imposer une redevance de 20 % sur le fret transitant par le détroit d'Ormuz, avant d'y renoncer au profit d'accords commerciaux et d'investissements avec les États du Golfe, semant le trouble parmi les experts du transport maritime qui redoutent une remise en cause de la liberté de navigation.
Perspectives pour les consommateurs
Les prix à la pompe continuent d'augmenter aux États-Unis, où l'essence avait brièvement repassé sous la barre des quatre dollars le gallon après l'annonce du cessez-le-feu. La reprise des hostilités risque de compromettre cette accalmie pour les automobilistes. Les compagnies aériennes, déjà confrontées à une flambée des prix du carburéacteur qui a presque doublé depuis le début du conflit, réduisent leurs vols et augmentent leurs tarifs, tandis que les perturbations dans le transport aérien au-dessus du Moyen-Orient menacent de s'aggraver.