La participation de l’Iran à la Coupe du monde 2026 s’est achevée sur une note ambivalente : sportivement décevante, mais humainement marquée par la chaleur des habitants de Tijuana. Éliminée dès la phase de groupes, l’équipe nationale iranienne a quitté la ville mexicaine qui lui servait de camp de base, sous les acclamations de supporters mexicains venus lui rendre hommage.
Ce départ clôt près d’un mois de péripéties pour la sélection iranienne. En amont du tournoi, les joueurs et l’encadrement avaient dû faire face à d’importantes difficultés pour obtenir les visas américains nécessaires à leur entrée sur le territoire des États-Unis, où se déroulaient leurs matches. Après des semaines d’incertitude et de tractations diplomatiques, les autorités américaines avaient finalement accordé les documents de voyage à la quasi-totalité de la délégation, à l’exception de certaines personnalités comme le président de la Fédération iranienne de football.
Dans l’attente de cette résolution, l’équipe s’était installée à Tijuana, ville frontalière du nord-ouest du Mexique. Les joueurs y avaient effectué leurs entraînements à huis clos, sous haute sécurité, tandis que les responsables iraniens multipliaient les démarches auprès de la Fifa pour dénoncer ce qu’ils considéraient comme des restrictions abusives. Plusieurs plaintes avaient été déposées, Téhéran accusant Washington de créer un climat hostile et de réduire le quota de billets alloué aux supporters iraniens.
Sur le plan sportif, la sélection iranienne n’a pas réussi à franchir le premier tour. Le dernier match de poule, décisif, s’est soldé par une défaite qui a scellé le sort de l’équipe. Les joueurs ont ensuite regagné Tijuana avant de repartir définitivement. C’est au moment de leur départ que la population locale leur a réservé un accueil chaleureux, saluant leur passage et leur combat pour participer à la compétition.
Le séjour des Iraniens au Mexique a ainsi illustré les imbrications entre sport et géopolitique. Les tensions entre Téhéran et Washington, exacerbées par la tenue d’une partie de la Coupe du monde sur le sol américain, ont pesé sur la préparation et l’expérience des joueurs. Malgré ces obstacles, l’équipe d’Iran a pu disputer l’intégralité de ses rencontres programmées aux États-Unis, même si son président de fédération n’a pas obtenu d’autorisation d’entrée.
Leur départ de Tijuana, loin des polémiques, restera comme l’image d’une délégation accueillie par des inconnus reconnaissants. Les fans mexicains, souvent prompts à encourager les équipes latines, ont cette fois ovationné une sélection venue de l’autre bout du monde, témoignant de la capacité du football à créer des ponts au-delà des crises diplomatiques.