Trois navires ont été pris pour cible dans le détroit d'Ormuz en l'espace de vingt-quatre heures, un fait sans précédent depuis le début de l'escalade dans la région. Parmi eux, un pétrolier a été touché par un projectile non identifié. Les circonstances exactes des deux autres attaques restent floues, mais elles confirment une intensification des hostilités dans cette voie maritime stratégique.
Le Qatar a réagi fermement en accusant l'Iran d'être derrière l'une de ces frappes. Les autorités de Doha n'ont pas précisé sur quels éléments elles se fondaient, mais cette accusation directe entre deux pays du Golfe risque d'accroître les tensions diplomatiques. L'Iran n'a pas encore commenté ces allégations.
Cette triple attaque s'inscrit dans une séquence d'incidents qui ont secoué le détroit d'Ormuz ces dernières semaines. Après des mois de blocus, un fragile retour à la normale avait été amorcé suite à un accord entre les États-Unis et l'Iran. Plusieurs pétroliers iraniens et un navire français avaient réussi à franchir le détroit. Mais cette accalmie avait été de courte durée, ponctuée par des tirs sur des cargos et des mises en garde de Téhéran contre toute navigation non autorisée. L'ONU avait été contrainte de suspendre son plan d'évacuation des marins après une attaque au large d'Oman. Plus de 500 navires avaient été bloqués au plus fort de la crise.
Les nouvelles frappes risquent de compromettre les efforts de reprise du trafic maritime. Les armateurs, déjà réticents, pourraient à nouveau dérouter leurs navires, avec des conséquences sur les approvisionnements énergétiques mondiaux. La région produit une part significative du pétrole et du gaz naturel consommé dans le monde. L'Irak, par exemple, espérait retrouver sa production d'avant-guerre dans les prochains mois, mais ces attaques pourraient retarder cette perspective.
Alors que les tensions ne faiblissent pas, la communauté internationale suit avec attention l'évolution de la situation. Le détroit d'Ormuz reste un point de friction majeur entre l'Iran et les puissances occidentales, et chaque incident rappelle la fragilité de la sécurité maritime dans la région.