Un déploiement attendu

L’armée libanaise a initié son déploiement dans le village de Zawtar Al-Gharbiya, dans le sud du Liban, marquant la première phase d’application de l’accord-cadre conclu en juin entre Beyrouth et Tel-Aviv. Ce mouvement est prévu par le texte qui vise à normaliser les relations et à obtenir un retrait progressif des forces israéliennes du territoire libanais.

Ce déploiement constitue le premier test concret de l’entente signée il y a plusieurs semaines, après des mois de tensions et d’affrontements à la frontière. L’établissement de ces « zones pilotes » doit permettre de vérifier la faisabilité d’un retrait israélien coordonné, en confiant progressivement le contrôle du terrain à l’armée libanaise.

Un accord-cadre ambitieux

L’accord-cadre, parrainé par les États-Unis, prévoit une série de mesures de confiance, dont la création de zones sous contrôle exclusif de l’armée libanaise dans le sud du pays. En échange, Israël s’engage à retirer ses troupes des positions qu’elle occupe au-delà de la ligne de démarcation fixée par la communauté internationale.

Le choix de Zawtar Al-Gharbiya comme première zone pilote n’est pas anodin : ce village, situé à quelques kilomètres de la frontière israélienne, est considéré comme un point sensible en raison de la présence historique du Hezbollah dans la région. Le déploiement de l’armée régulière vise à affirmer l’autorité de l’État libanais dans cette zone, longtemps tenue par la milice chiite.

Un contexte régional tendu

Cette première étape intervient dans un climat de méfiance mutuelle. Depuis la signature de l’accord, plusieurs incidents ont émaillé le cessez-le-feu, chacun des camps accusant l’autre de violations. Israël avait conditionné tout retrait au désarmement préalable du Hezbollah, une exigence jugée inacceptable par le parti chiite, qui conserve une influence militaire et politique majeure au Liban.

Le président libanais, Joseph Aoun, a défendu cette « guerre diplomatique » comme la seule voie viable pour restaurer la souveraineté du Liban. Il a promis de ne céder « pas un pouce » de territoire, tout en insistant sur la nécessité de respecter les termes de l’accord.

Des incertitudes persistent

Si ce premier déploiement est perçu comme un signe d’avancée, de nombreuses questions demeurent. Le Hezbollah, qui n’a pas été directement partie prenante à l’accord, a réaffirmé son droit à répondre à toute agression israélienne. Par ailleurs, la situation humanitaire reste précaire : près d’un million de déplacés libanais n’ont pas encore pu regagner leurs foyers, en grande partie à cause de l’occupation israélienne et des destructions massives.

L’accord prévoit que d’autres zones pilotes seront établies dans les semaines à venir, en fonction des résultats obtenus sur le terrain. La communauté internationale suit de près cette première phase, qui pourrait ouvrir la voie à une normalisation plus large des relations entre les deux pays, ou au contraire révéler les limites d’une paix négociée sans le consensus de toutes les forces en présence.