Un nouveau chapitre s'ouvre dans le processus de règlement du conflit frontalier entre le Liban et Israël. Les autorités américaines ont annoncé, lundi, l'entrée en vigueur d'un accord prévoyant le transfert du contrôle de plusieurs secteurs du sud du Liban à l'armée libanaise, désignés comme « zones pilotes ». Cette annonce coïncide avec la visite du président libanais Joseph Aoun à Washington, où il a été reçu par Donald Trump à la Maison-Blanche.
Un accord parrainé par les États-Unis
Depuis le mois d'avril, les États-Unis parrainent des négociations indirectes entre Beyrouth et Tel-Aviv. L'objectif est de stabiliser la ligne de démarcation et de permettre le retour des populations déplacées de part et d'autre. L'accord-cadre, conclu fin juin, prévoyait déjà le principe d'un retrait israélien progressif du Sud-Liban, conditionné au désarmement du Hezbollah. La nouvelle étape, annoncée ce lundi, concrétise ce principe en confiant à l'armée régulière libanaise la responsabilité de secteurs précis, sans toutefois préciser leur localisation exacte ni leur superficie.
La rencontre entre Joseph Aoun et Donald Trump
La visite du chef de l'État libanais intervient dans un contexte de fortes pressions sur le gouvernement de Beyrouth pour qu'il désarme les milices, notamment le Hezbollah. Joseph Aoun a été reçu par Donald Trump dans le bureau ovale, une rencontre qualifiée d'« historique » par les observateurs, car elle marque le premier déplacement d'un président libanais aux États-Unis depuis plusieurs années. Les discussions ont porté sur l'aide économique, la sécurité et le processus de paix. Selon des sources proches du dossier, Trump a réitéré le soutien de Washington à la souveraineté libanaise et à l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui exige le désarmement de toutes les milices.
Des zones pilotes comme test
Les « zones pilotes » constituent un test grandeur nature de la capacité de l'armée libanaise à prendre le relais des forces israéliennes et à maintenir l'ordre dans des régions traditionnellement sous influence du Hezbollah. Dans ces secteurs, les soldats libanais seront déployés en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Israël a également fait savoir qu'il est prêt à avancer sur ce dossier, après avoir conditionné son retrait à des garanties de sécurité. L'annonce américaine intervient alors que des négociations se sont tenues à Rome, où Israël avait déjà exprimé sa disposition à progresser sur deux zones pilotes.
Réactions et enjeux
Du côté libanais, le gouvernement de Joseph Aoun considère cet accord comme une victoire diplomatique, permettant de restaurer la souveraineté de l'État sur l'ensemble de son territoire. Le Hezbollah, de son côté, n'a pas officiellement commenté l'annonce, mais ses dirigeants ont réaffirmé à plusieurs reprises leur droit à résister à l'occupation israélienne. Des sources proches du parti chiite estiment que le déploiement de l'armée libanaise dans ces zones ne doit pas être considéré comme un désarmement préalable, mais comme une étape vers une solution globale.
En Israël, le gouvernement de Benjamin Netanyahu voit dans cet accord un moyen de réduire la menace à la frontière nord, tout en insistant sur la nécessité de désarmer le Hezbollah. L'armée israélienne a reçu l'ordre de se préparer à un séjour prolongé dans le sud du Liban si les conditions de sécurité ne sont pas remplies.
Quelles suites ?
La mise en œuvre des zones pilotes devrait s'étaler sur plusieurs semaines. Les États-Unis ont promis un soutien logistique et financier à l'armée libanaise, qui peine à recruter et à équiper ses troupes. Parallèlement, les discussions sur le retrait complet des forces israéliennes et le désarmement du Hezbollah se poursuivent, sous l'égide de l'ONU. La communauté internationale suit de près ces développements, alors que la région reste marquée par des tensions récurrentes et des violations de cessez-le-feu.