Les inspections diligentées après le décès de la jeune Lyhanna ont mis au jour des défaillances dans la prise en charge de sa plainte. Selon les conclusions des rapports officiels, des « dysfonctionnements » ainsi que des « erreurs individuelles » ont entaché le traitement judiciaire de l'affaire.
Les enquêteurs ont relevé plusieurs manquements au sein de la chaîne judiciaire, sans pour autant attribuer l'ensemble des carences à un seul maillon. Les documents distinguent des problèmes d'organisation générale et des fautes commises par des agents spécifiques. Ni le nombre exact de ces erreurs ni les éventuelles sanctions envisagées n'ont été précisés dans les rapports.
Une réaction politique immédiate
La députée européenne Marion Maréchal a vivement réagi à la publication de ces rapports. Elle a estimé que les conclusions confirmaient une « faillite systémique » de l'institution judiciaire française. Selon elle, ces défaillances répétées démontrent l'incapacité du système à protéger les enfants victimes de violences.
Plusieurs autres personnalités politiques s'étaient déjà exprimées sur le sujet ces derniers jours. La présidente de l'Assemblée nationale s'était dite favorable à la création d'une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur l'ensemble du dossier. L'avocat de la famille de Lyhanna avait quant à lui dénoncé des annonces qualifiées de « poudre de perlimpinpin », appelant à des moyens concrets plutôt qu'à des déclarations.
Des défaillances déjà évoquées
Dès les premières semaines suivant la disparition de l'enfant, le ministère de la Justice avait reconnu un « dysfonctionnement global » et dressé un « constat d'échec ». La procureure de la République d'Auch avait également été mise en cause par une source gouvernementale. Par la suite, le Conseil supérieur de la magistrature avait annoncé l'ouverture d'une mission d'inspection tout en dénonçant une « instrumentalisation » politique de l'affaire.
L'actrice Sara Forestier, également engagée sur le sujet, avait réclamé un arsenal pénal renforcé contre les crimes pédocriminels, notamment des peines minimales obligatoires.
Un dossier qui continue d'ébranler l'institution
L'affaire Lyhanna a profondément ému l'opinion publique et suscité un vaste débat sur la protection de l'enfance en France. Les rapports d'inspection rendus publics ne clôturent pas le dossier : plusieurs associations de défense des droits des enfants ont appelé à une refonte en profondeur des procédures de recueil de la parole des mineurs.
La question d'une éventuelle commission d'enquête parlementaire reste posée. Les groupes politiques pourraient décider de lancer des auditions pour déterminer si les réformes annoncées seront suffisantes pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise.