Dans un entretien accordé ce week-end, la députée européenne Marion Maréchal, également présidente du parti Identité-Libertés, a qualifié l'affaire Lyhanna de « révélateur d'une faillite systémique de la justice en France ». Elle a estimé que ce cas particulier met en lumière l'incapacité des institutions judiciaires à protéger les enfants victimes de violences.
Des dysfonctionnements en cascade
Selon Marion Maréchal, le parcours judiciaire de la jeune Lyhanna, qui aurait signalé à plusieurs reprises des faits graves avant de perdre la vie, montre que les mécanismes de protection de l'enfance n'ont pas fonctionné. « Il y a eu une succession de défaillances qui ont conduit à l'irréparable », a-t-elle affirmé, sans donner de détails précis sur les faits, mais en insistant sur le caractère systémique du problème.
La femme politique a également pointé du doigt le manque de formation des forces de l'ordre et des magistrats dans le recueil de la parole des enfants. « On n'écoute pas les enfants, on ne les croit pas, et on ne leur donne pas les moyens de se défendre », a-t-elle déploré, reprenant en substance des critiques déjà formulées par plusieurs associations de défense des droits de l'enfant.
Des réactions politiques en chaîne
L'affaire Lyhanna suscite depuis plusieurs semaines de vives réactions au sein de la classe politique. La présidente de l'Assemblée nationale s'est dite favorable à la création d'une commission d'enquête parlementaire sur ce dossier. Cette commission pourrait notamment examiner les conditions dans lesquelles les plaintes déposées par la famille de Lyhanna ont été traitées.
Par ailleurs, le Conseil supérieur de la magistrature a annoncé le lancement d'une mission d'inspection sur les dysfonctionnements constatés, tout en dénonçant une « instrumentalisation » politique de l'affaire. Le ministère de la Justice avait lui-même reconnu, quelques jours plus tôt, un « dysfonctionnement global » et un « constat d'échec » dans le suivi de ce dossier.
Appels à renforcer l'arsenal pénal
Plusieurs personnalités, dont la comédienne Sara Forestier, ont réclamé un durcissement des peines applicables aux crimes pédocriminels. Sara Forestier plaide pour l'instauration de peines minimales obligatoires et un renforcement de l'arsenal pénal afin d'éviter que de tels drames ne se reproduisent.
De son côté, l'avocat de la famille de Lyhanna a qualifié les annonces gouvernementales de « poudre de perlimpinpin », estimant que des moyens concrets et supplémentaires sont nécessaires pour protéger les enfants. Il a notamment dénoncé l'insuffisance des équipements et des effectifs dans les services chargés de la protection de l'enfance.
Une affaire qui interroge
Au-delà des déclarations politiques, l'affaire Lyhanna soulève des questions plus larges sur l'efficacité de la justice française face aux violences faites aux mineurs. Les associations de défense des droits de l'enfant dénoncent depuis des années un manque de priorité accordée à l'enfance dans les politiques publiques. Elles réclament une réforme en profondeur du système pour mieux protéger les plus vulnérables.
Marion Maréchal a conclu son intervention en appelant à une « prise de conscience collective » et à des mesures fortes pour rétablir la confiance dans l'institution judiciaire. « Il faut que la justice soit à la hauteur de sa mission », a-t-elle insisté.
L'enquête sur la mort de Lyhanna se poursuit, tandis que le gouvernement et le Parlement étudient les pistes de réforme. Les prochains jours pourraient être décisifs pour déterminer si une commission d'enquête sera finalement mise en place.