Alors que l'émotion demeure vive après le meurtre de la fillette de 5 ans, le conseil des parents de Lyhanna a vivement pris la parole pour contester la réponse gouvernementale. Fustigeant ce qu'il qualifie d'effet d'annonce, il a notamment jugé irréaliste l'objectif d'analyser 70 000 plaintes pour violences sexuelles d'ici le 14 juillet, le comparant à de la « poudre de perlimpinpin ».

Un drame qui « aurait pu être évité »

Dans ses déclarations, l'avocat a directement contredit la position du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, en affirmant que la mort de Lyhanna « aurait pu être évitée si la justice avait eu plus de moyens ». Cette sortie intervient alors que l'affaire a mis en lumière de graves défaillances dans le suivi judiciaire du principal suspect, Jérôme Barella, qui faisait l'objet d'une inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles et d'une obligation de soins.

Des annonces jugées insuffisantes

Le conseil des parties civiles a estimé que les mesures annoncées par l'exécutif ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il a notamment critiqué l'ambition affichée d'examiner en un temps record des dizaines de milliers de plaintes, la jugeant irréalisable et déconnectée des réalités du terrain. Selon lui, cette promesse relève plus de la communication que d'une véritable stratégie de lutte contre les violences faites aux enfants.

Un contexte de polémique politique

Ces critiques interviennent dans un climat politique déjà tendu. Le Conseil supérieur de la magistrature a, de son côté, dénoncé une « instrumentalisation » politique de l'affaire et annoncé le déploiement d'une mission d'inspection. Par ailleurs, la procureure d'Auch a été mise en cause par une source gouvernementale, tandis que le ministère de la Justice a reconnu un « dysfonctionnement global » et un « constat d'échec ».

Des réactions politiques multiples

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées. Marion Maréchal a déploré un manque de formation des forces de l'ordre pour recueillir la parole des enfants, tandis que des associations dénoncent l'absence de priorité accordée à l'enfance dans les politiques publiques. La comédienne Sara Forestier avait également appelé à un durcissement des peines contre les pédocriminels.

Un appel à des mesures concrètes

Face à ce qu'il perçoit comme une absence de volonté réelle, l'avocat de la famille de Lyhanna appelle à des actes forts. Il réclame notamment un renforcement significatif des effectifs et des moyens alloués à la justice, afin que les dysfonctionnements ayant conduit au drame ne se reproduisent plus. La question de la révision des peines pour les auteurs d'infractions sexuelles, notamment la récidive, reste également au cœur des débats.