La mort de la petite Lyhanna continue de susciter de vives réactions dans l'espace public. La comédienne Sara Forestier a pris la parole ces derniers jours pour réclamer un renforcement significatif des sanctions pénales à l'encontre des auteurs de violences sexuelles sur mineurs. Elle s'est exprimée à l'occasion d'un débat consacré aux défaillances judiciaires mises en lumière par ce drame.
Sara Forestier a estimé que le système actuel ne protège pas suffisamment les enfants et que les peines prononcées sont trop clémentes face à la gravité des crimes commis. Selon elle, la société doit opérer une prise de conscience collective comparable au mouvement #MeToo, mais cette fois-ci centrée sur la parole des enfants. Elle a appelé à ce que la justice fasse preuve de davantage de sévérité et que les victimes soient mieux accompagnées tout au long de la procédure.
Des chiffres alarmants
Son intervention s'inscrit dans un contexte où les statistiques officielles font état de 160 000 enfants victimes d'abus chaque année en France, soit une toutes les trois minutes. L'immense majorité des plaintes déposées seraient classées sans suite, un constat que les associations de défense des droits de l'enfant dénoncent depuis de nombreuses années.
Lors du même débat, des spécialistes ont souligné les carences du système. Vanessa Bousardo, avocate pénaliste et ancienne vice-bâtonnière du Barreau de Paris, a rappelé la nécessité de former davantage les magistrats et les enquêteurs au recueil de la parole des enfants. Raphaëlle Debruyne, responsable de la prévention à l'association CAMELEON France, a insisté sur l'importance d'identifier les signaux faibles et d'agir en amont des passages à l'acte. Laurent Boyet, fondateur de l'association Les Papillons, a déploré que les signalements ne soient pas toujours pris au sérieux.
Un électrochoc attendu
Pour la comédienne, la mort insupportable de Lyhanna pourrait agir comme un électrochoc à la fois dans le système judiciaire français et dans la société tout entière. Elle a estimé que le déni collectif autour de la pédocriminalité devait cesser et que les autorités devaient enfin entendre la parole des enfants. Elle a réclamé que les décisions de justice soient plus rapides et plus lourdes, afin que les agresseurs ne bénéficient plus d'une présomption de bienveillance.
Sara Forestier rejoint ainsi les voix de plusieurs personnalités publiques et représentants politiques qui, ces derniers jours, ont pointé du doigt les lacunes de l'institution judiciaire. La ministre déléguée chargée de l'Enfance, dans une déclaration antérieure, avait déjà admis un dysfonctionnement global et un constat d'échec. Le président de la République a également annoncé des mesures pour améliorer la prise en charge des victimes, tandis que le Conseil supérieur de la magistrature a ouvert une mission d'inspection.
Une mobilisation citoyenne en cours
De nombreuses associations appellent désormais à une réforme en profondeur du traitement judiciaire des affaires de pédocriminalité. Elles demandent que les moyens alloués à la protection de l'enfance soient significativement augmentés et que les professionnels de terrain bénéficient de formations adaptées. Sara Forestier a conclu son intervention en exhortant chacun à ne pas détourner le regard face à ce qu'elle qualifie de crimes ordinaires, mais insupportables.