L’actrice Sara Forestier a pris la parole pour exiger un renforcement des sanctions pénales à l’encontre des personnes condamnées pour des crimes sexuels commis sur des enfants. Sa déclaration intervient dans le contexte de l’émoi provoqué par le décès de Lyhanna, une fillette de 11 ans, dont le principal suspect a été mis en examen pour meurtre et viol.
La comédienne estime que les peines actuellement prévues par la loi sont insuffisantes face à la gravité des faits. Elle appelle à ce que les magistrats disposent d’un arsenal pénal plus répressif pour punir les pédocriminels. Sa prise de position rejoint les critiques formulées par plusieurs personnalités politiques et associations, qui jugent que le système judiciaire n’a pas su protéger l’enfant.
Des failles pointées dans le suivi judiciaire
Le drame a mis en lumière des dysfonctionnements dans la chaîne judiciaire. Le ministère de la Justice a lui-même reconnu un « constat d’échec » et un « dysfonctionnement global » dans le traitement de l’affaire. Une source gouvernementale a également mis en cause la procureure d’Auch. Le garde des Sceaux a annoncé une enquête administrative.
De son côté, le Conseil supérieur de la magistrature a dénoncé une « instrumentalisation » politique de l’affaire et annoncé l’ouverture d’une mission d’inspection. Il a estimé que les critiques émises à l’encontre des magistrats risquaient de porter atteinte à l’indépendance de la justice.
Des réactions politiques contrastées
Plusieurs responsables politiques ont réagi à la mort de Lyhanna. Marion Maréchal a regretté un défaut de formation des forces de l’ordre dans le recueil de la parole des enfants victimes. D’autres voix, au sein de la majorité comme de l’opposition, ont appelé à des réformes structurelles pour mieux protéger les mineurs.
L’avocat de la famille de Lyhanna a pour sa part estimé que « le drame aurait pu être évité » si la justice avait disposé de moyens supplémentaires. Il s’est opposé aux déclarations du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui avait défendu l’action des magistrats.
Un appel à une « loi intégrale »
Sara Forestier s’inscrit dans le mouvement réclamant l’adoption d’une « loi intégrale » contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Ce texte, porté par des associations féministes et de protection de l’enfance, prévoit notamment un durcissement des peines, une meilleure formation des professionnels et un renforcement des dispositifs d’accompagnement des victimes.
L’actrice rejoint ainsi la mobilisation citoyenne qui a vu des milliers de personnes manifester dans plusieurs villes de France pour réclamer justice pour Lyhanna et une meilleure protection des enfants.