La découverte du corps de Lyhanna, une collégienne de 11 ans disparue le 29 mai à Fleurance, a provoqué une vive polémique sur la protection de l’enfance en France. L’autopsie a confirmé vendredi 5 juin qu’il s’agissait bien de l’enfant. Le principal suspect, Jérôme B., dernière personne vue avec la fillette, était déjà connu des services de police et de la justice, ce qui relance le débat sur le suivi des délinquants sexuels et les moyens de la justice.
Une association dénonce un manque de priorité
Une association de défense des droits de l’enfant a dénoncé le manque de priorité accordée à l’enfance dans les politiques publiques. Elle estime que les budgets alloués à la protection de l’enfance sont insuffisants et que les services sociaux et judiciaires sont asphyxiés. « On laisse des enfants sans protection, faute de moyens humains et financiers », a déclaré un responsable de l’association, soulignant que des signalements avaient été effectués sans suite.
Le garde des Sceaux pointe la justice
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a quant à lui mis en cause l’institution judiciaire. Il a affirmé que des erreurs avaient été commises par les magistrats et a évoqué l’instauration de sanctions disciplinaires. Selon lui, le parquet d’Auch, informé du profil dangereux de Jérôme B., n’a pas pris les mesures nécessaires pour protéger l’enfant. Il a qualifié la situation de « dysfonctionnement global » et a reconnu un « constat d’échec ».
Réactions politiques
Ces déclarations ont suscité de vives réactions. Des syndicats de magistrats et des élus de gauche ont dénoncé une tentative du gouvernement de se défausser sur la justice après l’avoir privée de moyens. Ils rappellent que les effectifs des tribunaux et des services d’enquête ont été réduits ces dernières années, et que le budget de la justice est insuffisant pour faire face aux missions.
L’opposition a également critiqué le manque de coordination entre la justice, la police et les services sociaux. Plusieurs voix se sont élevées pour demander une commission d’enquête parlementaire.
Contexte et suites
L’affaire Lyhanna met en lumière les failles du système de protection de l’enfance. Selon les informations disponibles, Jérôme B. était inscrit au fichier des délinquants sexuels et avait déjà été condamné pour des faits de violence. Malgré cela, il n’a pas été suivi de manière suffisamment étroite, ce qui a permis le drame.
Une enquête pour « meurtre sur mineur de 15 ans » a été ouverte. Les investigations se poursuivent pour déterminer les circonstances exactes de la mort de Lyhanna et les éventuelles responsabilités.