L'émotion suscitée par la mort de Lyhanna, 11 ans, dont les obsèques se dérouleront vendredi dans l'intimité familiale, ne retombe pas. La comédienne Sara Forestier a pris la parole pour réclamer un durcissement significatif de l'arsenal pénal contre les auteurs de crimes pédocriminels, estimant que les sanctions actuelles sont insuffisantes.
Des peines planchers réclamées
Dans une déclaration publique, Sara Forestier a appelé à l'instauration de peines minimales obligatoires pour les condamnations liées aux violences sexuelles sur mineurs. Elle juge que la justice doit envoyer un signal fort et dissuasif, face à ce qu'elle considère comme une « impunité » trop fréquente. La comédienne a également insisté sur la nécessité de mieux former les professionnels – magistrats, policiers, travailleurs sociaux – au recueil de la parole de l'enfant, afin d'éviter que des victimes ne soient pas crues ou que des signalements soient ignorés.
Un contexte de vives critiques institutionnelles
La mort de Lyhanna a provoqué une onde de choc dans l'opinion publique et mis en lumière de présumées défaillances des institutions judiciaires et de protection de l'enfance. Le ministère de la Justice a lui-même reconnu un « dysfonctionnement global » et un « constat d'échec ». Une source gouvernementale a mis en cause la procureure d'Auch dans le traitement de la disparition de l'enfant.
Par ailleurs, le gouvernement a renoncé au projet de « plaider-coupable » criminel, après le rejet du texte en commission. Le chef de l'État s'est rendu mercredi dans une unité spécialisée de l'hôpital Robert-Debré à Paris, estimant qu'il fallait en faire davantage pour « protéger » les enfants des violences.
Des réactions politiques contrastées
Plusieurs responsables politiques se sont exprimés sur le sujet. La députée Isabelle Santiago (groupe socialiste et apparentés), membre du Conseil national de la protection de l'enfance, a participé à un débat sur le thème de la protection de l'enfance. Marion Maréchal a déploré un manque de formation des forces de l'ordre face à la parole de l'enfant.
Une association a également dénoncé le manque de priorité accordée à l'enfance dans les politiques publiques. De son côté, le Conseil supérieur de la magistrature a dénoncé une « instrumentalisation » politique de l'affaire et annoncé une mission d'inspection.
L'avocat de la famille sceptique
L'avocat de la famille de Lyhanna a qualifié certaines annonces gouvernementales de « poudre de perlimpinpin », réclamant des moyens concrets plutôt que des déclarations. Il a notamment pointé le manque d'effectifs et de formation dans les services chargés de la protection de l'enfance.
Un appel qui s'inscrit dans un débat plus large
L'appel de Sara Forestier intervient dans un contexte où plusieurs affaires récentes de violences sur mineurs ont alimenté la controverse sur l'efficacité de la justice pénale. La question des peines planchers fait débat, certains estimant qu'elles peuvent limiter la marge d'appréciation des juges, tandis que d'autres y voient un outil nécessaire pour garantir des sanctions proportionnées à la gravité des faits.