La présidente de l’Assemblée nationale s’est déclarée ouverte à la création d’une commission d’enquête parlementaire dans le cadre de l’affaire Lyhanna, une enfant de 11 ans dont le décès suscite une vive émotion dans le pays. Interrogée ces derniers jours sur la nécessité d’une telle procédure, la chef de la chambre basse a estimé qu’il s’agirait d’une démarche « saine », selon des propos rapportés. Sa prise de position intervient alors que de nombreuses voix s’élèvent pour demander des comptes sur les dysfonctionnements présumés ayant entouré la disparition puis la mort de la jeune fille.

Le meurtre de Lyhanna a provoqué une onde de choc et mis en lumière les failles du système judiciaire et de la protection de l’enfance. La réalisatrice Andréa Bescond, connue pour son engagement contre les violences faites aux mineurs, a dénoncé ce qu’elle qualifie de « responsabilité totalement politique » dans le décès de l’enfant. Selon elle, les institutions n’ont pas su agir à temps pour la protéger, et la responsabilité ne saurait se limiter à des erreurs individuelles.

De son côté, l’actrice Sara Forestier a multiplié les appels publics à un renforcement de l’arsenal pénal contre les crimes pédocriminels. Elle réclame notamment l’instauration de peines minimales pour les auteurs d’actes sexuels sur mineurs, estimant que la législation actuelle ne dissuade pas assez les agresseurs et ne protège pas suffisamment les enfants. Plusieurs personnalités politiques ont également pris position, à l’image de Marion Maréchal, qui a déploré un manque de formation des forces de l’ordre dans le recueil de la parole des enfants.

L’affaire a aussi conduit le ministère de la Justice à admettre un « dysfonctionnement global » et à faire part d’un « constat d’échec » dans la prise en charge du signalement de la disparition. La procureure de la République d’Auch a été mise en cause par une source gouvernementale, tandis que le Conseil supérieur de la magistrature a annoncé l’ouverture d’une mission d’inspection, tout en dénonçant une « instrumentalisation » politique de l’affaire.

Dans ce climat de tensions, la proposition d’une commission d’enquête parlementaire fait son chemin. La présidente de l’Assemblée nationale, qui est magistrate de formation, a estimé qu’une telle instance pourrait examiner en profondeur les rouages judiciaires et administratifs qui ont conduit à ce drame. « C’est sain qu’on puisse auditioner, qu’on puisse comprendre, qu’on puisse proposer », a-t-elle déclaré, tout en précisant que la décision finale reviendrait aux groupes politiques. Si elle se concrétisait, cette commission aurait pour mission de faire la lumière sur les dysfonctionnements et de formuler des recommandations pour éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise.

L’avocat de la famille de Lyhanna a pour sa part accueilli ces annonces avec prudence, dénonçant des promesses « en poudre de perlimpinpin » et appelant à des moyens concrets plutôt qu’à des déclarations politiques. Il a souligné que la famille attendait avant tout des actes et une réforme en profondeur du système de protection de l’enfance.

Alors que les obsèques de la fillette se sont déroulées dans l’intimité à Fleurance, l’émotion reste vive. Le monde politique est désormais sous pression pour transformer l’indignation en mesures législatives et en réformes structurelles. L’éventuelle commission d’enquête parlementaire pourrait constituer un premier pas vers une refonte du système, mais les divergences sur l’ampleur des responsabilités et les solutions à adopter demeurent importantes.