Yaël Braun-Pivet ouverte à une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Lyhanna

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a fait savoir qu'elle était favorable à la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Lyhanna, selon des informations concordantes. Cette affaire, qui a bouleversé l'opinion publique, concerne la mort d'une enfant de onze ans et a mis en lumière de graves dysfonctionnements dans le traitement judiciaire des signalements pour violences sexuelles.

Des dysfonctionnements accablants

Le principal suspect, Jérôme Barella, père de famille jusque-là sans antécédents judiciaires notables, faisait l'objet de neuf plaintes ou signalements pour attouchements et viols depuis 2017. Pourtant, il n'a jamais été convoqué par les autorités judiciaires. Une mère dont la fille aurait été victime de viol et qui avait désigné le même homme a même été menacée par la gendarmerie de faire l'objet d'un dépôt de main courante pour harcèlement si elle continuait à appeler pour connaître l'avancée de la procédure. Cette femme a depuis décidé de poursuivre l'État pour "faute lourde".

Réactions politiques et judiciaires

Face à l'émotion nationale, le président Emmanuel Macron a estimé que le traitement des affaires était "une question de réponse, de fermeté, d'organisation, de responsabilité", refusant d'entendre des arguments sur un manque de moyens. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a présenté ses excuses à la famille "au nom de la Justice" tout en reconnaissant des dysfonctionnements graves. De leur côté, les professionnels de justice dénoncent un manque de moyens chronique et une formation insuffisante des forces de l'ordre au recueil de la parole des enfants victimes.

La commission d'enquête : un outil pour faire la lumière

La proposition de Yaël Braun-Pivet vise à créer une commission d'enquête parlementaire chargée d'examiner les défaillances du système judiciaire dans cette affaire. Cet outil permettrait aux députés d'entendre des témoins, de requérir des documents et de formuler des recommandations. Plusieurs partis politiques ont déjà appelé à la création d'une telle commission, tandis que d'autres appellent à ne pas instrumentaliser politiquement ce drame.

Un électrochoc pour la justice ?

La mort de Lyhanna a provoqué une onde de choc dans le pays. Des marches blanches et des manifestations ont été organisées en sa mémoire. Beaucoup espèrent que ce drame servira d'électrochoc pour que les moyens nécessaires soient enfin alloués à la justice et à la protection de l'enfance. La commission d'enquête pourrait être l'occasion de tirer les leçons de ces défaillances et de proposer des réformes structurelles.