La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a exprimé son soutien à la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire dédiée à l'affaire Lyhanna, une jeune fille de 10 ans retrouvée morte après avoir été victime de violences et de pédocriminalité. Dans une déclaration rapportée jeudi 12 juin 2026, elle a estimé qu'une telle initiative permettrait de faire la lumière sur les défaillances des institutions et d'en tirer des enseignements pour renforcer la protection des mineurs.

Cette annonce intervient alors que le drame suscite une vive émotion dans l'opinion publique et des interrogations sur le traitement judiciaire de l'affaire. Lyhanna, disparue fin mai dans le Gers, avait été signalée aux autorités pour des faits de violences, mais les procédures n'ont pas permis d'empêcher son décès. Plusieurs responsables politiques, dont la députée Sara Forestier et la présidente du Rassemblement national, Marion Maréchal, ont réclamé un durcissement des sanctions pénales contre les auteurs de crimes pédocriminels et une meilleure formation des forces de l'ordre au recueil de la parole des enfants.

Contexte de l'affaire

Selon les premiers éléments de l'enquête, Lyhanna avait été confiée à son père, qui faisait l'objet de plusieurs signalements pour violences éducatives et suspicions d'abus sexuels. Malgré ces alertes, la justice n'a pas ordonné de placement ou de mesure de protection suffisante. Le ministère de la Justice a reconnu début juin un « dysfonctionnement global » et un « constat d'échec », tandis que le Conseil supérieur de la magistrature a annoncé une mission d'inspection tout en dénonçant une « instrumentalisation » politique de l'affaire.

Yaël Braun-Pivet, dans ses déclarations de ce jeudi, a souligné la nécessité d'une « transparence totale » et d'une « évaluation indépendante » des pratiques judiciaires et administratives en matière de protection de l'enfance. Elle a précisé que la commission d'enquête, si elle est créée, pourrait auditionner des magistrats, des travailleurs sociaux, des policiers et des experts de la pédopsychiatrie.

Réactions politiques

La proposition de la présidente de l'Assemblée nationale a été accueillie favorablement par plusieurs élus de tous bords, qui y voient un moyen de dépasser les polémiques et d'avancer sur des réformes structurelles. Certains, comme Sara Forestier, militent depuis plusieurs jours pour une refonte du code pénal incluant des peines planchers pour les crimes sexuels sur mineurs. D'autres, à l'instar de Marion Maréchal, insistent sur le manque de formation des policiers et des gendarmes dans l'écoute des enfants victimes.

L'avocat de la famille de Lyhanna a pour sa part dénoncé des annonces « en poudre de perlimpinpin » et réclamé des moyens concrets pour les services de protection de l'enfance, estimant que les commissions d'enquête ne suffisent pas à changer les pratiques.

Prochaines étapes

La création d'une commission d'enquête parlementaire nécessite le vote d'une résolution par le bureau de l'Assemblée nationale, puis par la Conférence des présidents. La procédure pourrait aboutir dans les prochaines semaines. Si elle voit le jour, cette commission disposerait de pouvoirs d'investigation étendus, incluant la possibilité de convoquer des témoins et de se faire communiquer des documents.

Parallèlement, une mission d'inspection du Conseil supérieur de la magistrature est en cours, ainsi qu'une enquête administrative diligentée par le ministère de la Justice. Le gouvernement a également promis des mesures de renforcement des dispositifs de signalement et de suivi des enfants en danger.