Une formation insuffisante pointée du doigt

Le 8 juin 2026, Marion Maréchal, députée européenne et présidente du mouvement Identité-Libertés, a déclaré lors d'une interview sur CNEWS que le drame de Lyhanna met en lumière une lacune grave dans le système judiciaire et policier français. « Il y a trop peu de policiers et de gendarmes formés à la réception de la parole des enfants », a-t-elle regretté, en réaction aux multiples défaillances ayant entouré l'affaire.

Cette prise de position intervient alors que le meurtre de la jeune Lyhanna a suscité une vague d'indignation et de questionnements sur les procédures suivies par les autorités. Selon Marion Maréchal, la chaîne de protection de l'enfance aurait dû mieux fonctionner, et la carence en formation spécialisée constitue un maillon faible.

Un ensemble de dysfonctionnements reconnus

L'affaire Lyhanna a déjà donné lieu à des admissions officielles d'échec. Le ministère de la Justice a reconnu un « dysfonctionnement global » et un « constat d'échec » dans le traitement de cette disparition, qui a tourné au drame. Un rapport d'inspection doit être remis le 19 juin, a annoncé le porte-parole du ministère.

En parallèle, la procureure de la République d'Auch a été mise en cause par une source gouvernementale, ce qui a renforcé les critiques sur la gestion de l'enquête et le suivi des signalements. Plusieurs psychologues intervenus dans les médias ont également souligné qu'il existait « beaucoup de signes avant-coureur très précis concernant le mis en cause », laissant entendre que des alertes n'ont pas été suffisamment prises en compte.

Des appels à une réforme en profondeur

Au-delà des questions de formation, Marion Maréchal a estimé que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, aurait dû démissionner plutôt que de présenter des excuses. « Je n'attendais pas des excuses de Gérald Darmanin, j'attendais une démission », a-t-elle affirmé. Cette déclaration illustre la pression politique qui pèse sur l'exécutif après cette affaire.

Plus largement, plusieurs associations de défense de l'enfance dénoncent depuis plusieurs jours le manque de priorité accordée à l'enfance dans les politiques publiques. Le cas Lyhanna est perçu comme un symptôme d'un système qui échoue à protéger les plus vulnérables, faute de moyens, de formation et de coordination.

Les suites attendues

Le rapport d'inspection commandé par le ministère de la Justice, attendu pour le 19 juin, devrait fournir des éléments concrets sur les défaillances identifiées. Il pourrait déboucher sur des recommandations, voire des sanctions. Dans l'intervalle, le débat public reste vif, entre appels à une réforme de la formation des forces de l'ordre et exigences de responsabilité politique.

Marion Maréchal, en pointant spécifiquement le faible nombre d'agents formés à l'audition des mineurs, ajoute une dimension technique à la polémique, insistant sur la nécessité de mieux préparer policiers et gendarmes à recueillir la parole des enfants, souvent fragile et complexe à interpréter dans un cadre judiciaire.