La députée européenne et vice-présidente du groupe parlementaire de Reconquête!, Marion Maréchal, a réagi à la mort de Lyhanna, une collégienne de 11 ans dont le corps a été retrouvé dans le Gers. Dans une déclaration publique, elle a déploré ce qu'elle considère comme un défaut de formation des forces de l'ordre en matière de recueil de la parole des enfants.

« La justice n'est pas correctement formée pour entendre les enfants, pour comprendre leur langage, pour capter les signes de détresse », a-t-elle affirmé, estimant que ce manque de préparation spécifique a pu conduire à une sous-estimation des alertes émises par la jeune victime avant son décès. Elle a appelé à une refonte des protocoles d'audition des mineurs au sein des commissariats et des gendarmeries.

Cette prise de position intervient dans un contexte de vives critiques adressées à l'institution judiciaire. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a pour sa part mis en cause la justice, évoquant la possibilité d'instaurer des sanctions à son encontre. Il a pointé un dysfonctionnement global, sans toutefois mentionner les moyens alloués aux juridictions. Plusieurs associations et élus ont souligné le paradoxe de cette accusation, alors que les budgets de la justice et de la protection de l'enfance font l'objet de débats récurrents.

Un constat d'échec partagé

Dès les premiers jours de la disparition, des sources gouvernementales avaient reconnu un « dysfonctionnement global » et un « constat d'échec » dans la gestion de l'affaire. La procureure d'Auch avait été mise en cause par l'exécutif, avant que le ministère de la Justice n'admette officiellement des failles dans le suivi de la situation de l'enfant.

Plusieurs associations de défense des droits de l'enfant ont également dénoncé le manque de priorité accordée à l'enfance dans les politiques publiques, estimant que la prévention et la protection sont sacrifiées au profit d'autres priorités budgétaires.

Une formation jugée insuffisante

Sur le fond, Marion Maréchal a souligné que les forces de l'ordre sont souvent confrontées à des situations où des mineurs tentent d'exprimer des violences ou des abus, mais que les méthodes actuelles d'audition ne permettent pas de recueir une parole non contaminée et de détecter les signaux faibles de détresse. Elle a plaidé pour une spécialisation accrue des enquêteurs dans le domaine de la pédopsychologie et de l'écoute de l'enfant.

Cette critique rejoint celle de nombreux professionnels de l'enfance, qui réclament depuis des années une formation obligatoire pour tous les policiers et gendarmes intervenant auprès de mineurs. Le drame de Lyhanna relance ainsi le débat sur les moyens alloués à la protection de l'enfance et sur la nécessité de faire évoluer les pratiques judiciaires pour mieux protéger les plus jeunes.