Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a vivement réagi aux critiques émises par plusieurs personnalités politiques à l’encontre de la justice après le décès de la fillette Lyhanna. Dans un communiqué, il déplore une « instrumentalisation » de cette affaire et le « discrédit jeté sur des milliers de magistrats ».

L’affaire, qui suscite une vive émotion dans le pays, a donné lieu à des prises de position jugées sévères par l’instance de déontologie. Celle-ci estime que certaines déclarations publiques outrepasse le droit de critique légitime envers une décision judiciaire particulière et tendent à jeter l’opprobre sur l’ensemble du corps judiciaire.

Une critique de la parole politique

Sans citer nommément les responsables concernés, le CSM pointe un risque de déstabilisation de l’institution judiciaire. Il rappelle que les magistrats exercent leurs fonctions en toute indépendance et qu’ils ne sauraient être collectivement mis en cause pour une affaire individuelle. L’instance appelle à la retenue et au respect de la présomption d’innocence qui s’applique également aux procédures en cours.

Cette réaction intervient dans un contexte de fortes tensions politiques autour de l’instruction du dossier. Plusieurs élus, dont la députée Marion Maréchal, avaient auparavant dénoncé un manque de formation des forces de l’ordre pour recueillir la parole des enfants, ainsi que des dysfonctionnements dans le suivi judiciaire de l’affaire.

Un contexte déjà tendu

Le gouvernement avait lui-même reconnu, quelques jours plus tôt, un « dysfonctionnement global » et un « constat d’échec » dans la gestion de la disparition de l’enfant. Des propos qui avaient alimenté les critiques des oppositions, certaines réclamant des sanctions disciplinaires contre la magistrate en charge du dossier.

Le CSM, en tant que gardien de la déontologie des juges, rappelle que les décisions individuelles peuvent faire l’objet de voies de recours, mais que la mise en cause systématique de la magistrature dans son ensemble est incompatible avec l’État de droit.