L'actrice Sara Forestier a pris la parole dans le sillage de l'affaire Lyhanna pour exiger un renforcement du dispositif répressif à l'encontre des auteurs d'agressions sexuelles sur enfants.

Des réquisitions jugées trop clémentes

L'actrice a estimé que les peines actuellement prononcées dans ce type de dossiers étaient insuffisantes. Elle a notamment évoqué le cas d'un suspect âgé d'une trentaine d'années, poursuivi pour des faits de viol sur mineure et d'enregistrement de vidéos pédopornographiques. Selon elle, ce dernier aurait pu encourir une peine maximale de trente ans de réclusion criminelle, mais la magistrate aurait requis une sanction bien moindre. « Vingt-cinq ans de réclusion, ce n'est pas assez, il faut vingt ans minimum, mais on devrait surtout aller jusqu'à la perpétuité », a-t-elle déclaré, dénonçant ce qu'elle perçoit comme une banalisation des violences sexuelles dans le système judiciaire.

La proposition d'un seuil plancher

Sara Forestier a plaidé pour l'instauration d'une peine minimale obligatoire, un « plancher », à l'égard des personnes reconnues coupables de violences sexuelles sur mineurs. « Quand on touche à un enfant, on n'a plus sa place dans la société », a-t-elle lancé, avant de formuler une proposition précise : « Il faudrait que, dans la loi, il y ait vingt ans minimum de réclusion criminelle ». Elle a ajouté que cette mesure devrait s'accompagner d'un élargissement des critères retenant la circonstance aggravante de préméditation, afin de mieux prendre en compte les stratégies déployées par les agresseurs pour accéder à leurs victimes.

Un contexte marqué par l'émotion

Ces déclarations interviennent dans un climat de forte émotion publique après la disparition et le meurtre de Lyhanna, une fillette âgée de 7 ans, dont le corps a été découvert dans le Gers. L'affaire a suscité une vague d'indignation en France et relancé le débat sur l'efficacité de la protection judiciaire des mineurs.

Des réactions institutionnelles contrastées

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a réagi en dénonçant ce qu'il qualifie « d'instrumentalisation » politique de l'affaire et a annoncé le déclenchement d'une mission d'inspection. De son côté, Marion Maréchal a mis en avant un manque de formation des forces de l'ordre dans le recueil de la parole des enfants. Le ministère de la Justice a, pour sa part, reconnu un « dysfonctionnement global » et un « constat d'échec » dans le traitement de ces dossiers. La proposition de Sara Forestier s'inscrit dans cette séquence où plusieurs voix s'élèvent pour exiger une réforme de l'arsenal législatif et des pratiques judiciaires face aux violences sexuelles commises sur des mineurs.