L’accalmie se confirme progressivement sur le territoire français, mais l’impact sanitaire de la canicule se révèle plus lourd que prévu. Alors que le niveau de vigilance rouge n’est plus maintenu que dans les deux départements alsaciens, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, quarante-cinq autres se trouvent encore en vigilance orange, selon les dernières prévisions. Cette décrue des températures, entamée dans une large moitié ouest du pays, permet un allègement notable des dispositifs d’alerte, même si la prudence reste de mise dans les régions où la chaleur persiste.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé que « nous n’avons plus que deux départements en zone rouge ». Cette déclaration intervient alors que les orages annoncés dans plusieurs secteurs contribuent à rafraîchir l’atmosphère, mais avec des risques de phénomènes violents. Dans le même temps, un premier bilan dressé par Santé publique France révèle que depuis le 24 juin, environ 1 000 décès supplémentaires ont été enregistrés par rapport à la moyenne des mois précédents. Ce chiffre, qualifié de préliminaire par l’agence sanitaire, marque la première estimation officielle de l’excès de mortalité attribuable à cet épisode de chaleur extrême.
Un bilan sanitaire en cours d’affinement
L’organisme public n’a pas encore ventilé ces données par tranche d’âge ou par région, mais les services de santé s’attendent à une majorité de victimes parmi les personnes âgées ou souffrant de pathologies chroniques. Les passages aux urgences, en hausse significative dans plusieurs établissements, confirment la pression exercée sur le système hospitalier. Le CHU de Rennes avait déjà signalé une augmentation de 25 % de ses admissions, et d’autres hôpitaux ont fait état de sollicitations accrues.
Les autorités sanitaires rappellent que les effets de la chaleur se manifestent souvent avec un décalage de plusieurs jours, ce qui pourrait encore faire grimper le nombre de décès lors des prochains bilans. La canicule, qui a culminé avec 72 départements en vigilance rouge le 25 juin, a désormais perdu en intensité sur la façade atlantique et une partie du centre, mais les températures restent élevées dans l’Est, justifiant le maintien de l’alerte rouge en Alsace.
La fin de l’alerte rouge en vue
Selon les prévisions de Météo-France, la décrue devrait se poursuivre dans les prochaines heures. La vigilance rouge pourrait être levée dimanche soir, si les températures nocturnes permettent un réel répit. En attendant, les mesures de restrictions demeurent en vigueur dans les zones encore classées en orange : interdictions de consommation d’alcool sur la voie publique pour la Fête de la musique, limitation des activités sportives, et appels à la solidarité envers les plus vulnérables.
Le gouvernement a maintenu la cellule interministérielle de crise activée depuis le début de la vague de chaleur. Le ministre de l’Intérieur a également salué la mobilisation des services d’urgence et des collectivités locales. Il a toutefois souligné que « la vigilance reste absolue » tant que les températures ne seront pas redescendues durablement sous les seuils d’alerte.
Un précédent historique
Cet épisode caniculaire, qui a battu plusieurs records absolus de chaleur dans l’Ouest du pays, notamment à Bordeaux avec 43 °C, est comparé par les météorologues à celui de 2003. Toutefois, la rapidité de la mise en place des dispositifs de prévention et la réactivité des autorités ont permis, selon les premières analyses, de limiter la surmortalité par rapport à la canicule historique. Le bilan définitif ne sera connu que dans plusieurs semaines, quand tous les certificats de décès auront été analysés.
L’épisode a également eu des conséquences matérielles : des dizaines de milliers de foyers ont été privés d’électricité au plus fort des records, et la SNCF a dû déployer 3 500 agents pour surveiller les voies ferroviaires menacées par la dilatation des rails. Le ministre des Transports a plaidé pour un plan d’investissement massif afin d’adapter le réseau aux canicules récurrentes.