L'ancien procureur de Paris, François Molins, a dressé un constat sévère sur la gestion de l'affaire Lyhanna, estimant que la justice et les services d'enquête n'ont pas été en mesure d'assurer la protection de la fillette. « Il faut constater objectivement que la justice et les services d'enquête n'ont pas su la protéger », a-t-il déclaré dans des propos rapportés ce week-end.
Cette prise de position intervient alors que des inspections diligentées dans le cadre de l'affaire ont récemment mis en lumière des « dysfonctionnements » et des « erreurs individuelles » survenus lors du traitement de la plainte initiale déposée pour des faits concernant l'enfant. Ces révélations confortent l'analyse de l'ancien magistrat, qui pointe une défaillance systémique des institutions chargées de la protection de l'enfance et de la réponse judiciaire.
Des manquements en cascade
Selon plusieurs sources concordantes, les investigations administratives ont relevé une série de lacunes dans le suivi de la procédure. Des « erreurs individuelles » auraient été commises par des agents, mais c'est bien un « dysfonctionnement global » qui est pointé du doigt. Le ministère de la Justice avait lui-même reconnu, quelques jours plus tôt, un « constat d'échec » face à la situation.
Les inspections se sont penchées sur la manière dont la plainte de la famille de Lyhanna a été reçue, instruite et traitée par les différents services, de la police à la justice. Les conclusions, encore partielles, suggèrent que des signaux d'alerte n'ont pas été suffisamment pris en compte et que des procédures n'ont pas été respectées, aboutissant à une absence de protection effective de l'enfant.
Une réaction politique attendue
Les déclarations de François Molins relancent le débat sur les réformes nécessaires au sein de l'appareil judiciaire et policier. Plusieurs personnalités politiques, dont la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, se sont déjà dites favorables à la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les circonstances du drame. La comédienne Sara Forestier a également appelé à un renforcement de l'arsenal pénal contre les crimes pédocriminels.
L'ancien procureur de Paris, figure respectée de la magistrature, apporte ainsi un poids supplémentaire aux critiques qui se multiplient depuis la découverte du corps de Lyhanna. Il n'a pas souhaité commenter les mesures à prendre, mais son analyse rejoint celle de nombreux observateurs : la protection de l'enfance en France nécessite une refonte en profondeur des pratiques et des moyens alloués.
Le gouvernement devrait prochainement présenter des pistes de réforme, tandis que les familles des victimes et les associations attendent des actes concrets pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise.