Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré lundi qu'une réunion entre son administration et l'Iran aurait lieu au Qatar le mardi 30 juin, jugeant que la voie diplomatique restait ouverte malgré les récents accrochages militaires dans le Golfe. Dans une publication sur les réseaux sociaux, M. Trump a écrit que « l’Iran a demandé une réunion. Elle aura lieu demain à Doha ! »
De son côté, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a indiqué que des discussions pourraient se tenir une fois que certaines conditions seraient remplies, sans préciser lesquelles. Il a déclaré à un média officiel iranien que « les informations de certaines sources médiatiques selon lesquelles les discussions techniques des groupes de travail se tiendraient à Doha ne peuvent être confirmées », tout en précisant que les consultations avec le Qatar se poursuivaient comme d'habitude. Les deux déclarations, celle de Washington et celle de Téhéran, paraissent contradictoires, mais il est possible qu'un accord de dernière minute soit intervenu après les propos du diplomate iranien. À ce stade, l'Iran n'a officiellement pas confirmé la programmation de la rencontre.
Des négociateurs américains déjà désignés
La Maison-Blanche a fourni des précisions sur la délégation américaine. La porte-parole, Karoline Leavitt, a annoncé que l'envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président Trump, conduiraient l'équipe de négociation à Doha. Elle a ajouté que des discussions techniques se dérouleraient en marge de ces pourparlers de haut niveau. Ces échanges s'inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du mémorandum d'entente (MoU) signé entre les deux pays plus tôt ce mois-ci, qui a ouvert une période de soixante jours de négociations sur les dossiers les plus épineux, notamment le programme nucléaire iranien.
Un contexte de tensions persistantes
L'accord a été mis à l'épreuve par la poursuite des frappes israéliennes au Liban et par l'affirmation par l'Iran de son contrôle sur le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le transport pétrolier. La première clause du mémorandum en quatorze points appelle à un cessez-le-feu complet au Liban, garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du pays. Toutefois, les États-Unis ont soutenu un accord distinct sur ce volet, ce qui a créé des divergences avec Téhéran. Par ailleurs, les récentes escarmouches militaires – notamment des frappes iraniennes contre des cibles au Koweït et à Bahreïn en riposte à des tirs américains – ont ravivé les craintes d'une escalade dans la région.
Les deux capitales semblent pour l'instant engagées dans une démonstration de force tout en maintenant un canal de dialogue, le Qatar jouant un rôle de médiateur de longue date. La rencontre de mardi, si elle se confirme, constituerait une étape importante pour tenter de stabiliser les relations bilatérales, mais l'absence de confirmation officielle iranienne laisse planer un doute sur son déroulement effectif.