Le président américain Donald Trump a annoncé, dimanche 15 juin, la conclusion d'un accord avec l'Iran visant à mettre fin aux hostilités entre les deux pays. Sur son réseau social, il a déclaré que le détroit d'Ormuz serait rouvert au trafic commercial et que les États-Unis lèveraient leur blocus naval, lançant : « Que le pétrole coule ! ». Il a présenté cette entente comme un succès diplomatique apportant « paix et sécurité à toute la région », en contraste avec les échecs des administrations précédentes.
De son côté, le vice-président américain JD Vance a précisé, lors d'un entretien télévisé, que l'engagement de l'Iran à ne jamais posséder d'arme nucléaire était « intégré à cet accord » et que Washington pourrait vérifier son respect. La nature exacte des restrictions sur l'enrichissement de l'uranium et le sort des stocks d'uranium hautement enrichi déjà détenus par Téhéran n'ont toutefois pas été précisés. Ces points devraient être abordés lors de discussions techniques ultérieures, qui s'étendront sur une période de soixante jours suivant la prolongation du cessez-le-feu actuel.
L'Iran a toutefois immédiatement assoupli l'enthousiasme général. Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a publié un communiqué indiquant que les négociations finales seraient reportées « après la mise en œuvre des engagements de l'autre partie en vertu du mémorandum d'entente ». Le contenu précis de ces engagements et l'interprétation qu'en fait Téhéran sont désormais déterminants pour la viabilité de l'accord.
Conséquences économiques et énergétiques
L'annonce a suscité des réactions sur les marchés de l'énergie, mais les experts préviennent que la reprise du transport pétrolier dans le détroit d'Ormuz ne sera pas immédiate. Le dégagement d'un important arriéré de pétroliers, le déminage des eaux et le rétablissement des circuits d'expédition et de production pourraient prendre plusieurs semaines. JD Vance a reconnu les souffrances économiques infligées aux Américains par la hausse des prix de l'énergie et a promis une baisse prochaine des coûts à la pompe, sans fixer d'échéance.
Des sondages récents montrent que 63 % des Américains désapprouvent la gestion économique du président Trump, et 57 % estiment que la situation économique empire, selon une enquête YouGov. La baisse des prix du carburant pourrait offrir un répit politique à l'administration avant les élections de mi-mandat de novembre.
Facteurs de tension persistante
L'équilibre régional reste fragile. Donald Trump a exprimé sa colère envers le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, estimant que des frappes israéliennes récentes au Liban risquaient de compromettre l'accord avec l'Iran, selon des propos rapportés par le Wall Street Journal. Si Israël devait lancer de nouvelles opérations militaires au Liban, l'Iran pourrait décider de refermer le détroit d'Ormuz, menaçant à nouveau l'économie mondiale.
Alors que la signature officielle est attendue dans les prochains jours, les détails techniques et les interprétations divergentes des engagements respectifs laissent planer une incertitude considérable sur la pérennité de cette entente.