Un nouveau bras de fer diplomatique oppose les États-Unis et l'Iran à propos du contrôle du programme nucléaire iranien. Alors que le président américain Donald Trump a affirmé mardi que Téhéran avait « pleinement et complètement accepté les inspections nucléaires au plus haut niveau », les autorités iraniennes ont immédiatement démenti, soutenant qu'aucune discussion approfondie sur le nucléaire n'avait eu lieu lors des derniers pourparlers en Suisse. Cette divergence de récits met en lumière les fragilités de l'accord intérimaire signé récemment entre les deux pays.

Des versions irréconciliables

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Donald Trump a accusé les responsables iraniens de faire de « fausses déclarations » et a prévenu que « s'ils n'avaient pas accepté cela, il n'y aurait plus de négociations ». Le locataire de la Maison-Blanche liait ainsi la poursuite des discussions à l'acceptation par l'Iran des inspections internationales les plus poussées.

De son côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré que Téhéran n'avait pas l'intention d'inviter les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur les sites nucléaires qui ont été frappés par des raids américains et israéliens en juin 2025. « Il est trop tôt pour discuter de ces choses », a renchéri Ali Bahreini, ambassadeur d'Iran auprès des Nations unies à Genève, lors d'une conférence de presse distincte. Les deux responsables ont précisé que la question nucléaire serait abordée lors des prochains cycles de négociations.

L'AIEA confirme que les inspections débuteront

Malgré le désaccord persistant, le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a indiqué dans un entretien accordé à un média japonais que les inspections allaient débuter, ajoutant que l'Agence estimait que « le plus tôt serait le mieux ». Il a précisé que l'AIEA chercherait à inspecter les stocks d'uranium hautement enrichi de l'Iran, même s'il n'est pas clair comment les inspecteurs pourraient accéder à des installations partiellement détruites par les frappes de l'année dernière.

L'Iran, qui a toujours soutenu que son programme nucléaire était à des fins civiles, avait réduit les inspections après le retrait de Donald Trump de l'accord international de 2015, puis les avait bloquées complètement sur la plupart des sites après les attaques de 2025. Le vice-président américain, J.D. Vance, avait indiqué lundi que Téhéran avait accepté, lors des dernières discussions, de permettre aux inspecteurs de l'AIEA d'accéder aux sites, qualifiant cette décision de « premier pas » pour garantir que l'Iran n'obtienne pas l'arme nucléaire.

Autres points de friction

Au-delà du nucléaire, les deux parties continuent de s'opposer sur la libre circulation des navires dans le détroit d'Ormuz et sur le sort des avoirs iraniens gelés. Selon des données maritimes, trente-neuf navires ont traversé le détroit lundi, ce qui constitue le trafic le plus dense sur trois jours depuis le début de la guerre avec l'Iran fin février. Le volume reste toutefois bien inférieur à celui d'avant le conflit.

Sur le plan diplomatique, les principaux négociateurs des deux camps multiplient les consultations régionales. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio se rend aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et le négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont rencontré le sultan d'Oman. Le président iranien Massoud Pezeshkian doit s'entretenir avec les dirigeants pakistanais, le Pakistan jouant un rôle de médiateur clé entre Washington et Téhéran.

Tensions au Liban

En parallèle, une frappe militaire israélienne dans le sud du Liban a fait deux morts mardi, selon l'agence de presse libanaise et le Hezbollah, groupe armé soutenu par l'Iran. Cet incident rappelle la fragilité du cessez-le-feu dans la région et la complexité des équilibres que les négociations américano-iraniennes tentent de stabiliser.