Revirement diplomatique à Washington

Donald Trump a annoncé l'annulation de la troisième nuit consécutive de raids planifiés contre l'Iran, évoquant une avancée décisive dans les négociations bilatérales. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le président américain a indiqué que les discussions avaient été portées au plus haut niveau de l'État iranien et que les « points finaux » d'un accord avaient été approuvés par l'ensemble des parties, y compris les États-Unis et plusieurs alliés régionaux.

Ce changement de cap intervient quelques heures seulement après que M. Trump eut menacé de frapper « très durement » la République islamique, ciblant notamment l'île de Kharg et d'autres infrastructures pétrolières. L'exécutif américain semble avoir opté pour une stratégie d'escalade destinée à forcer une percée diplomatique, selon Richard Weitz, expert en sécurité internationale au Collège de défense de l'OTAN. « Menacer d'intensifier un conflit pour le faire cesser », résume-t-il, tout en soulignant qu'« il subsiste une incertitude sur ce qui a été précisément convenu et sur les modalités de mise en œuvre ».

Téhéran étudie le texte proposé

Du côté iranien, un haut responsable a confirmé qu'un projet de mémorandum d'entente avec les États-Unis était examiné par les plus hautes instances de décision. De nombreux Iraniens accueillent avec soulagement cette perspective de fin de conflit, après des mois d'épreuves et de pertes. Le gouvernement iranien s'efforce toutefois de présenter un éventuel accord comme une victoire, arguant que « les sacrifices en valaient la peine » : la levée des sanctions et le dégel d'avoirs permettraient au pays de ressortir de la guerre « en bien meilleure posture ».

Une relation sous tension avec Israël

Sur le plan diplomatique, Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou partagent depuis longtemps l'objectif commun de limiter le programme nucléaire iranien et d'empêcher Téhéran d'acquérir l'arme atomique. Cependant, la Maison-Blanche s'inquiète de plus en plus de voir le dirigeant israélien « faire dérailler les efforts diplomatiques ». Selon des observateurs proches de l'exécutif, le président américain multiplie les tentatives pour retenir Nétanyahou et, pour reprendre ses termes, « laisser du temps à la diplomatie ».

Les affrontements se poursuivent

Pendant ce temps, le Hezbollah libanais a revendiqué 24 attaques contre les forces israéliennes menées entre mercredi et jeudi, utilisant drones, missiles et roquettes. Les tirs ont visé des concentrations de soldats, des véhicules blindés et des positions militaires dans le sud du Liban et la vallée de la Bekaa, notamment près de Tayr Harfa, Naqoura, al-Qaouzah, Rachaf, Qantara, Zawtar al-Sharqiyah et Yohmor al-Shaqif.